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Rose Bakery

Rose Bakery

Comment ? Une pâtisserie anglaise qui met Paris à ses pieds ? Vous ne voulez pas le croire. Et pourtant…
Tout a commencé en 1988, dans le quartier londonien de Marylebone où, après avoir décidé de plier les étoffes et de tourner le dos à leur carrière dans la Mode, Rose et Jean-Charles Carrarini ouvrent une épicerie fine d’un nouveau genre : Villandry. On y trouve tous les produits alimentaires découverts par le couple au gré de leurs voyages professionnels entre Tokyo, Paris, Milan ou New-York ainsi que les trouvailles dégottées lors des foires agricoles du monde entier que le couple affectionne. Une franche nouveauté dans un Londres qui n’est pas encore la mégalopole mondialisée et cosmopolite que nous connaissons aujourd’hui. Petit à petit, le succès de cette épicerie d’un nouveau genre aidant, Rose passe derrière les fourneaux et propose d’abord du « Take Away » (pâtisseries, quiches, soupes à emporter…) mais bien vite, sous les conseils de chefs irlandais, l’ambition pointe son nez. Et les clients, toujours plus nombreux, leur appétit.

Le reste de l’histoire s’épellera en français, à Paris, dans le 9ème arrondissement. Car c’est là que Jean-Charles (français) et Rose (anglaise) découvriront en 2002 une ancienne remise de charrettes, en haut de la rue des Martyrs, sur les pentes de Montmartre, lieu rêvé pour un nouveau restaurant. Ce sera Rose Bakery.

De prime abord, l’endroit n’a rien d’un restaurant traditionnel. Un peu épicerie, un peu comptoir, un peu cantine, un peu salon de thé, un peu restaurant, difficile de le faire entrer tout entier dans une petite case des lieux communs de la restauration. C’est que Rose Bakery n’a que faire des frontières et des us et coutumes. D’ailleurs il n’y a pas de devanture ici, juste une large porte et les deux fenêtres d’un banal rez-de-chaussée parisien. On murmure même que Rose Carrarini aurait rêvé d’un restaurant secret, sans façade, dans une arrière-cour d’immeuble, invisible aux passants. Drôle d’idée… Dans l’entrée, quelques rayons d’épicerie made in London avec fruits et légumes bio, café du même acabit, fromages anglais, thés et packs de jus de fruits rares. Un joyeux méli-mélo qui fait face au comptoir où, sous la vitre, s’offrent les petits plats à emporter, pizzettes, tartes, salades fraîches, pâtisseries (scones, shortbread, carrot cakes, cheesecakes…) De quoi générer rapidement une longue file d’attente à l’heure du déjeuner.
Mais c’est au fond que je veux en venir aujourd’hui. Et pour cela, pas d’autre solution que de s’aventurer dans l’arrière-salle, simplement décorée d’une fresque végétale colorée et d’un grand frigo rose années 50, pour y déjeuner. C’est vrai que la décoration est sommaire, disons plutôt radicalement sobre, sans fioritures inutiles, murs clairs, tables de béton brut, chaises en bois et métal, éclairage minimaliste, nappes de papier kraft, l’ambiance oscille entre Muji (pour le dépouillement stylisé et les clientes japonaises car il y en a) et Camden Market (pour l’attitude presque militante du « manger sain » et les piles du journal « Ecologist » dans un coin de l’épicerie).

Avec la carte, on m’apporte une carafe d’eau avec son filtre, une petite assiette avec du beurre et du pain de Jean-Luc Paujouran, des tranches épaisses à la croûte brunie et craquante et à la mie dense et goûteuse, un régal de boulanger. La salle se remplit à toute vitesse, il est 13h et visiblement les déjeuners du Rose Bakery sont un must du quartier. Une clientèle gentiment branchée, cool, souvent anglophone et féminine à 90%. Des robes à fleurs de printemps. Des sacs oversize. De la taille mannequin. Des britts en escapade. Un coup d’œil à la carte minimale, datée du jour, des soupes (autour de 6 €), des crudités du comptoir, des pizzettes-salade, quelques plats chauds, risotto aux asperges vertes, rascasse dans un bouillon de tomates et safran, œufs brouillés au saumon bio (entre 10 et 15 €), du fromage anglais et bien sûr les pâtisseries de Rose (4 à 7 €) à choisir en vitrine. Un appétit de déjeuner en version light me pousse vers la pizzette. Une jolie jeune fille à l’accent de Jane Birkin, assez vaguement bilingue dans son tablier vert rayé me l’apporte quelques minutes plus tard avec ses crudités (le service chez Rose Bakery, version « entente cordiale », exclusivement féminin, un peu anarchique mais d’une serviabilité à toute épreuve est d’un charme désarmant).
Une pâte croustillante comme on l’adore, un fond d’oignons fondus, des aubergines et des courgettes tièdes, de la feta, des tomates cerise, une petite olive noire de passage, le tout recouvert de quelques brins de salade et d’un trait d’huile d’olive. C’est un régal de fraîcheur et de simplicité, le goût dans sa profonde nudité. Coloré, ensoleillé, nature, comme un repas au jardin sous l’olivier, un soir d’été en Italie. En accompagnement, un petit bol de crudités, des carottes râpées, subtilement citronnées, des asperges, quelques pommes de terre rissolées froides, de petites graines de tournesol éparses (mais j’aurais aussi pu choisir des brocolis, des champignons, des choux-fleurs, des lentilles, de la tomate « cœur de bœuf », de la courge…) La cuisine de Rose abolit la frontière entre cuisine familiale et cuisine de restaurant. Tout est préparé le jour même, en quantités limitées, avec les produits du marché (Rose ne tarit pas d’éloges sur ses fournisseurs) et c’est comme un déjeuner en famille ou entre amis qui se déroule quotidiennement rue des Martyrs.

Impossible par ailleurs de pénétrer ici sans voir naître une folle envie de sucré, mesdemoiselles, vous voilà prévenues. Pour moi un dessert, le crumble pomme et myrtilles et sa petite crème anglaise aux grains de vanille visibles. Des pommes en petits quartiers avec leur peau (elles viennent d’un verger du Kent), des myrtilles éclatées, quelques éclats de noisettes, juste ce qu’il faut d’acidité et de douceur mêlées (le sombre granuleux du sablé tiède liant le tout). Une fois encore, pas de faux-semblants, la vérité du fruit, la délicatesse finalement peu sucrée de la crème, un dessert qui vous prend par les sentiments, celui de juste « bien manger ».

Car c’est cela le secret de Rose Bakery, ce sentiment que l’on éprouve de toucher à l’essence même de la cuisine, ses fondamentaux. De bons produits, du savoir-faire, de l’imagination, une extrême simplicité confinant au dénuement et une impérieuse envie de faire plaisir que l’on ressent à chaque bouchée.

A 21 € au final pour le déjeuner (avec un délice de café bio d’Union Coffee Roasters à 2,50 €), ce sentiment là, il faut un cœur de pierre pour s’en priver !

 

Rose Bakery
46, rue des Martyrs
75009 Paris
Téléphone : 01 42 82 12 80
Fermé le lundi

Comments

  1. Le temple du brunch…

  2. des endroits comme je les aime, la simplicité a du bon …très bon . et pour le sucré , vraiment en vous lisant , je n’ai qu’un envie : prendre le 1er avion pour paris ….

  3. Après une telle présentation, je n’ai qu’une envie, c’est de m’y rendre…

  4. je suis contente que tu en parles car j’en ai souvent entendu parler mais personne ne l’a fait comme toi… en tout cas ce sera une étape lors de ma prochaine virée à Paris !
    A ce propos, si tu veux m’y accompagner pour grignoter un scone…

  5. Comment sont le carrot cake & Le cheescake ?

  6. Melle E > Très juste. Mais une place là-bas se mérite, un peu de patience dans la file d’attente et puis hop, le nirvana du brunch ! Pas de réservation possible…
    Emilie > Une cuisine d’une totale simplicité, c’est vrai. Et c’est si bon !
    Sha > N’hésites pas ! ;-)
    Poutchi > Pourquoi pas ?
    Rosemary > Cheesecake non dégusté mais Carrot Cake d’une douceur à tomber (c’est le best seller de la patisserie chez Rose Bakery).

  7. des endroits comme on devrait en fréquenter plus souvent.

  8. ce serait un plaisir !

  9. j’aime beaucoup y aller aussi, mais j’émettrais juste une réserve sur l’accueil, parfois un peu cold…
    et puis jean-charles s’obstine à parler anglais, et moi ça m’irrite un peu je dois avouer…
    sinon les scones, les tartes, les thés,… un régal j’en conviens !

  10. j’y suis allée , et pour tout vous dire : je suis déçue …
    l’accueil un peu cold ,ok . nous avons du attendre 30 minutes avant d’avoir une carte, et encore bien 20 min avant que l’on prenne notre commande… du coup, moi qui aime tant les desserts , je n’ai pas eu la patience d’attendre …à noter qu’il a encore fallu patienter pour payer … sont ils vicitmes de leur succès ? ou peut être pas de chance ce jour là pour nous …bien dommage en tout cas car les plats étaient excellents mais gachés par le reste …

  11. L’assiette, tout tourne autour de
    l’assiette… Thierry vous savez de quoi nous parlons … Excellent au brunch mais aussi au déjeuner… Chronique en vidéo http://francoissimon.typepad.fr/simonsays/2007/06/un_dejeuner_ros.html

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