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NATO c'est trop (épisode 1 : un peu de mauvaise foi)

NATO c’est trop (épisode 1 : un peu de mauvaise foi)

Humiliant.

Quand on met un point d’honneur à tracer sa route en dehors des lieux communs pour ne se focaliser que sur ses goûts, il est humiliant de se voir rattrapé par la tendance (quel mot vulgaire).

J’ai toujours apprecié les bracelets NATO, pour plusieurs raisons pratiques : d’abord j’ai souvent porté des montres militaires, dont les pompes soudées n’acceptaient que le NATO. Ensuite parce que c’était un bracelet basique, utilitaire, solide et quasi gratuit, d’une discrétion bienvenue par rapport à des bracelets métal, par trop clinquants pour moi.

Et voilà que le NATO devient mainstream (encore un mot vulgaire) : non seulement tout le monde porte le même strap dans les diners en ville, mais comble de l’ignominie, ces mêmes diners en villes virent invariablement au point godwin horloger: « quel était le vrai schéma de couleur du nato de Sean Connery dans Operation Tonnerre ? »

Il est temps de dire baste.

Baste car le schéma de coloris du bracelet de l’agent secret le plus tarte du monde, ça ne m’intéresse pas (soit dit en passant, si on vous l’a vendu sans liserets rouges au bord des bandes grises, on vous a escroqué, et si voulez vraiment passer pour agent du MI6, prenez un NATO vert-rouge-blanc, couleur de la réserve active de la Royal Navy, cela vous fera toujours un argument massue pour étouffer le débat à la fin du diner).

Baste surtout car le choix de bracelets alternatifs légitimes, beaux et agréables à porter est heureusement plus large qu’une bête (et devenue dispendieuse) bande de nylon qui démange la peau et  incite à changer de couleur et de motif au rythme d’un trouble obsessionnel compulsif.

 

    Passons ces alternatives en revue    

TROPIC : le tropic c’est le hit des montres sixties à vocation nautique. Plastique, il se décline en noir, en bleu, voire en rouge ou orange, et surtout il y a deux écoles: grands trous oblongs, ou petits trous carrés. Légitime sur toute plongeuse sixties/seventies, il a un point fort, son confort, a fortiori dans l’eau. On l’envisagera sur une Blancpain 50 Fathoms vintage, sur un Jaeger Polaris, ou sur une prolétarienne Vostok.

OLONGAPO : un vrai bracelet militaire souvent porté par les nageurs de combat américains de la guerre froide. Tole emboutie, déployant, avec en relief les armoiries du combattant. On le sait peu mais il fut tres courant sur les Rolex Submariner lorsque elles étaient encore des montres de dotation militaire.

ISOFRANE : toujours produit aujourd’hui par Isofrane, cet épais bracelet en sillicone à trous rectangulaires est devenu un mythe car lié (en orange ou en noir) à l’Omega Ploprof du début des 70, au poignet du commandant Cousteau ou sur la manchette de Gianni Agnelli. Over classe sur toute Omega Seamaster voire sur plongeuse nippone. Méfiez vous des contrefaçons.

MESH : le milanais, à sa place sur montre bijou extra plate comme sur baroudeuse, il est constitué d’une multitude de maillons inox entremêlés, un must en termes d’élégance, et de confort aussi.

BUND : popularisé par les pilotes allemands de Starfighters, ce bracelet en cuir était en dotation sur les chronos de l’armée allemande. Classique bracelet en cuir, il doit sa différence à un empiècement amovible en cuir sous la montre. Légitimité maximale sur tout chronographe 60-70 Heuer, Breguet ou Hamilton.

ROLEX « VIET NAM » : mon coup de gueule. Pendant que les hipsters se piquent de mettre un NATO sur leur Submariner ou Seadeweller, le vrai bracelet militaire légitime que l’on portait à Da-nang en 68 s’est perdu dans l’oubli : cuir, noir, un bouton pression sur chaque brin pour clipser le capuchon en cuir occultant le cadran, qui vous permettra de ne pas vous faire démasquer par Tatiana au bar du Crillion, ou de ne pas être repéré par un sniper viet cong (au choix). Un must, à porter negligemment sans le capuchon (que vous remettrez, anecdote à la clef, devant l’assemblée ébahie et curieuse de savoir à quoi servent les boutons pression).

RALLY : inutile sans doute de présenter ce cuir à trous-trous (petits ou grands), car tout lui va, en particulier les chronographes sixties ou les montres élégantes. A assortir avec les mitaines de pilote agneau-crochet.

EXPANDRO : metal embouti, boucles articulées, gros trous trous : LE bracelet emblématique des Breitling Navitimer historiques.

CANVAS : bracelet classique en apparence, souvent couleur sable, en canevas de coton, légitime sur toute montre actuelle, a fortiori estivale ou tool watch. Solide, résiste à l’eau, discret, efficace, y compris sur une Tudor Sub vintage ou une actuelle Pelagos, par exemple.

MAKO : un must ardu à trouver, mis à part quelques rééditions, caoutchouc noir, reliefs perforés en forme de cible, LE bracelet pour un Blancpain Fifty Fathoms « Nuclear Waste ».

BED OF RICE : maillons inox, maillons centraux « grains de riz », un compromis élégant, sportif, confortable, immortalisé par les DOXA des sixties mais qui revient en force.

 

Je me refuse pour boucler l’aréopage à vous parler de straps en carbone ou en toile de voile, je m’en voudrais de recommander le port de ces choses à mon pire ennemi.

Et pour en savoir plus sur le NATO, ce bracelet porté aux nues par les uns et déclaré has been par les autres, il vous faudra attendre le prochain épisode…

 

Frank Pistone

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