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Le pyjama : un rêve d'élégance

Le pyjama : un rêve d’élégance

Si c’est au pied du mur qu’on voit le maçon, dit le dicton, c’est au saut du lit qu’on reconnait le Grand Duc ! Dormir dans son caleçon de la journée et un pauvre T-shirt tout fripouillé ? Impensable pour l’homme de goût, soucieux de son élégance autant que de son confort. Depuis plus d’un demi-siècle, le pyjama est aux nuits des épicuriens raffinés ce que le complet de bonne coupe est à leur jour : une indispensable panoplie.

Découvert aux Indes par les officiers de Sa Gracieuse Majesté lors de la période coloniale, le pyjama est l’adaptation occidentale d’un vêtement de jour confortable et ample dénommé « pajama » par déformation du mot perse « payjama » qui signifie « vêtement de jambe ». Pantalon souple et ample, serré par un cordon à la taille, il s’accompagne d’une Kurta, tunique longue et fendue. Un vestiaire particulièrement commode pour la pratique des activités équestres, mais aussi pour monter à dos d’éléphant ou pour les méharistes.

L’essayer, c’est l’adopter. Et ces messieurs des colonies le rapportent volontiers dans leur mère-patrie. La garde-robe du gentleman étant déjà largement codifiée, le pyjama, composé d’un pantalon et d’une veste qui emprunte autant à la chemise qu’à la saharienne, trouve ses aises à la plage. A partir des années 1920, le pyjama est la tenue en vue pour s’alanguir au bord de mer et les créateurs rivalisent d’audace et de créativité avec des cotons à larges rayures multicolores ou des motifs brodés sur soie.

Il faut attendre les années 40 pour que le pyjama devienne une tenue de nuit. Jugé plus masculin et plus moderne que la liquette ou la chemise de nuit, notamment grâce à ses deux pièces rappelant le costume, alors que la tenue traditionnelle du sommeil évoque la robe, le pyjama devient l’atour de l’homme moderne dans la chambre à coucher.

Le cinéma s’en empare. Le héros, dans de beaux draps, porte de jolis pyjamas. Dans Fenêtre sur cour, James Stewart donne la réplique à Grace Kelly dans cet appareil. Peter Sellers, dans La panthère rose, popularise les modèles de Derek Rose, en coton égyptien de couleur, ourlés d’un liseré sombre. Des modèles classiques qui sont encore parmi les plus prisés de la marque anglaise spécialiste du genre.

Dès les années soixante, les grandes maisons de chemise proposent des lignes de pyjamas. Chez Turnbull & Asser, fournisseur du Prince de Galles, le classicisme reste roi. Il est possible de se faire faire ses pyjamas en grande mesure dans des popelines de coton incroyables de douceur, avec le petit col rond typique du chemisier de Jermyn Street. Même service sur-mesure, en complément d’une offre de prêt-à-porter plus large, chez Hilditch & Key, dont une ambassade parisienne accueille, rue de Rivoli, les anglophiles. Parmi eux, Nicolas Sarkozy. Mais l’étiquette ne dit pas si l’ancien chef de l’Etat préfère les carreaux ou les rayures tricolores représentatives du savoir-faire de la maison. Du côté des bons faiseurs transalpins, Frette, qui travaille si bien le coton et le satin, ou même le cachemire pour l’hiver, mérite d’être cité en exemple, tout comme la maison Roberto Ricetti dont le showroom installé à Brescia est une pure merveille de sobriété et d’élégance. Ce confidentiel chemisier italien propose même des modèles exclusifs en grande-mesure.

Depuis que la maison Alain Figaret a, hélas, cessé de faire des pyjamas, il convient de se retrouver chez Charvet, rue de la Paix, pour goûter à la volupté de se faire confectionner ses tenues de nuits dans l’un des merveilleux tissus. Pourquoi pas coordonnés à ses chemises, ou, mieux, en opposition de teintes des rayures ?  Plus de quatre mille références sont rangées dans cette bibliothèque nationale de l’étoffe. Le plus coton, c’est de choisir !

Les adeptes des pyjamas de soie ne jurent, eux, que par une adresse : Olatz. Soies les plus fines, teintes les plus chatoyantes, mélanges de fils les plus résistants, la luxueuse maison fondée par Olatz Lopez Garmendia, épouse de l’artiste Julian Schnabel, ne refuse rien à ses précieux clients. Un rêve éveillé.

Il est donc temps de renouer avec l’exquise coutume du pyjama, d’autant que les tenues d’intérieur sont de nouveau en vogue. Ainsi H&M a-t-il demandé pour sa nouvelle collection à David Beckham de griffer… des pyjamas ! A l’image de la vedette du ballon rond, il sera aisé de s’émanciper du port de la veste de son pyjama. Non seulement pour être à son aise et sembler sportif, voir viril, mais surtout pour garder le plaisir de voir madame la porter…

 

Frédéric Brun

 

 

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