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Le panama couronne l'été

Le panama couronne l’été

Enfin vous ne serez plus obligé de faire la bise à qui vous n’avez pas envie. D’un geste aimable et gracieux, il vous suffira de soulever votre « Toquillas », plus généralement dénommé Panama. Ce chapeau léger sera, comme chaque été, votre meilleur protecteur et le garant de votre allure, en toutes circonstances. Mieux ; un complice.

S’il faut trouver d’autres excuses pour porter un Panama, il ne sera pas difficile d’invoquer la chaleur, le soleil, la température, et autres circonstances météorologiques ou saisonnières pour troquer votre feutre contre ce couvre-chef raffiné et synonyme de fraîcheur.

C’est grâce à ces qualités qu’il arriva sur le devant de la scène, un jour de cérémonie officielle. Le président des Etats-Unis d’Amérique procédait à l’inauguration du Canal de Panama, en 1906. Redingotes et haut-de-formes de rigueur pour les dignitaires. Mais Théodore Roosevelt refusa de suffoquer sous son tube à huit reflets et se coiffa de l’un de ces chapeaux que portaient les ouvriers et les contremaîtres. Le chapeau crème, de palme tressé, ne venait bien évidemment pas du Panama mais d’Equateur, sa patrie véritable. Son vrai nom : « sombrero fino de paja toquilla ».

Les archéologues ayant établi les origines de la culture Valdivia à quatre-mille ans avant notre ère, il est facile d’imaginer l’existence ancestrale de chapeaux tissés de paja toquilla au sud de l’Equateur. Les navigateurs Espagnols en rapportent au moment des conquêtes. La légende veut que la finesse extrême du tissage leur ait fait croire qu’ils étaient confectionnés avec la peau des ailes de chauve-souris. N’exagérons rien. Si les plus beaux tissages réclament plusieurs mois – jusqu’à presque un an pour les plus fins Montecristi – il s’agît bien de fibres de palme, plus exactement la « Pajamocora », extraite d’un palmier local, le Bombanaxa. Ce n’est qu’en 1630 que Francisco Delgado, installé dans la région de Manabi, découvrit l’habileté des natifs de la région à travailler cette fibre. Les Panamas peuvent être tissés de trois manières: brisa, cuenca, et montecristi. Montecristi est un village de la région de Manabi, entre la côte Pacifique et les Andes. A chaque appellation son point de tissage particulier et sa coutume. On tisse assis à Cuenca, mais debout, courbé sur le motif, à Montecristi. De la fort belle ouvrage, qui justifie aux yeux des connaisseurs la valeur de l’objet.

Il existe de nombreux galurins bon marché dans le genre du Panama ; y compris dans les échoppes de souvenirs. Ils sont tentants, ces petits bibis, de toutes les couleurs, pour une petite journée de plage ou un mariage. Si c’est pour une simple fantaisie, pas d’hésitation : ils feront bien l’affaire. Aussi brièvement qu’un fétu de paille. Mais pour tous les étés, n’y songez pas. Faits à la chaîne, en cellulose, ils sont au couvre-chef ce que le couvercle est à la cocotte-minute. En moins de deux, ils mettront votre crane en ébullition et vos cheveux en nage. Du moins jusqu’au moment, proche, où ils se briseront. A la fin de l’été, toujours insatisfait, vous en aurez donc acheté trois ou quatre, et le tout vous aura coûté bien plus que l’acquisition chez un chapelier de l’élégant Panama de vos souhaits. Affaire classée.

Parcimonieux de vos deniers bien plus que de votre style, vous aurez donc eu à coeur, pendant les frimas, d’aller essayer chez un bon faiseur la coiffe qui vous sied, rêvant déjà à des hiver Caraïbes devant le miroir, ou songeant à vos déambulations estivales. Style planteur de canne à sucre ou joueur de polo ? Chacun trouvera Panama à son goût  – et à la morphologie de son visage – tant est vaste la gamme des formes de coiffes, les largeurs de bords et la variété des rubans de gros-grain ou de soie.

Les voyageurs opteront pour les modèles les plus exquis ; ceux capables de s’enrouler sur eux-mêmes, à la manière de la fleur d’Arum. Bien que plus fragiles, ils se faufilent sans peine si on leur accorde quelques soins, dans un sac de voyage ou une poche de veste. Le reste de l’année, un coffret de cèdre sera leur tabernacle.

Car votre Panama, né sous les latitudes de l’indolence, n’aime pas être maltraité ni délaissé. Il aime l’humidité mais déteste la pluie. La palme se fait alors éponge. Tout au long de l’année, pas seulement entre mai et septembre, vous aurez pris soin de le brumiser. Une simple aspersion, de loin, avec une bombe d’eau minérale y suffira. A moins qu’à l’imitation de cet élégant écrivain londonien vous ne le conserviez avec vos cigares.

Dans tous les cas, la meilleure manière de le conserver cet été, ce sera de l’arborer sur votre tête. Ainsi aurez-vous, en plus de l’agrément d’être protégé du soleil brûlant, une allure certaine. L’été, le Panama sera votre couronne. A votre manière de le porter, relevé, abaissé sur le devant, ou incliné sur le côté, vous laisserez deviner votre humeur, tantôt bohème, tantôt classique, parfois frondeuse ou artiste, excentrique ou indépendant. Il viendra un moment où elle voudra vous le chiper. Tout le monde l’aimera. Chapeau !

 

Frédéric Brun

 

Quelques points de vente parisiens :
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