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La maison de verre

La maison de verre

Rarement en architecture nous entendons parler de « chef–œuvre » sans que cela paraisse galvaudé. Pour autant, avec la maison de verre, c’est une évidence.

Comment définir un chef d’œuvre en architecture ? Cela pourrait correspondre à une parfaite adéquation aux exigences des commanditaires, à une remarquable utilisation des matériaux, une façon de construire révolutionnaire… Ou encore évoquer une réalisation qui s’inspire de l’air du temps, et mieux, qui serait partie intégrante des courants artistiques d’une époque.

La maison de verre est simplement les trois à la fois. En effet, ce trésor caché au fond d’une cour parisienne, dont la construction débuta en 1928, a été un laboratoire d’idées et de fabrique, en lien direct avec le mouvement moderne.

A l’origine du projet, M. & Mme Dalsace. Lui est gynécologue, elle, collectionneuse d’Art Moderne. Le couple va confier la rénovation de leur hôtel particulier à l’architecte Pierre Chareau, un ami intime. Son défi va être de réussir à mêler sous le même toit l’univers professionnel du docteur Dalsace au rez de chaussée, la vie intime du couple à l’étage, et entre les deux, un salon où va bientôt se retrouver toute l’intelligentsia d’Avant Garde.

La locataire du deuxième étage sera malgré elle à l’initiative du parti architectural.  Cette dernière ne souhaitant pas partir, elle imposera à l’architecte, au lieu de la démolition complète envisagée, l’obligation d’enchâsser le projet sous son niveau et de construire entre mitoyens.

De cette contrainte va naitre l’idée pragmatique d’une façade entièrement de verre afin de bénéficier d’une mise en lumière maximum des espaces de vie. Une idée évidente aujourd’hui, mais qui ne doit pas en occulter l’avant-gardisme pour l’époque, autant dans le concept que dans sa mise en œuvre.

Cette peau translucide et la cathédrale de verre vont sauver la maison de l’Occupation. Les Allemands se détourneront de ce lieu déserté et vidé de ses meubles, ne sachant comment le chauffer ou l’éclairer : une chance pour l’architecture et les aménagements intérieurs.

Car justement, l’audace continue à l’intérieur. Chareau, à la fois artisan et architecte, assemble les matériaux industriels, le mobilier intégré en métal aux meubles anciens, les tapisseries décoratives et collections de Madame Dalsace. Il va réussir à marier ici le fonctionnalisme de l’architecture moderne à la richesse des éléments décoratifs bourgeois.

Maison manifeste par sa conception, sa construction, et ses choix d’aménagement jusqu’à ses occupants, la maison de verre incarne parfaitement le mouvement moderne. Elle en est la véritable machine à habiter, audacieuse et bienveillante.

 

Jean-François Maccario

 

La maison de verre :
31, rue Saint Guillaume,
75007 Paris
01 45 44 91 21
Renseignements pour les visites ici !

 

Bibliographie sélective :
Dominique Vellay, La maison de verre, Le chef-d’Oeuvre de Pierre Chareau, Actes Sud, 2007
Marc Vellay, Kenneth Frampton, Pierre Chareau : Architecte-meublier, 1883-1950, Éditions du Regard,‎ 1984
Bernard Bauchet, Marc Vellay, Photographies de Yukio Futagawa, La Maison de verre, GA, A.D.A Edita Tokyo, 1993
Un formidable film documentaire sur la maison a été réalisé en 2004 par Richard Copans et Stan Neumann pour leur série Architectures, diffusé sur Arte et disponible en coffret DVD.
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