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Porte 12 - Restaurant - Paris

Porte 12

Voilà une porte (au 12 de la rue des Messageries) qu’il vous faut absolument vous empresser de franchir. Car bientôt, croyez-moi, on y fera la queue. Derrière cette porte vitrée au fond d’un couloir boisé se cache le premier restaurant français ouvert par le chef André Chiang, taïwanais de Singapour, dont le restaurant André est une des perles gastronomiques de l’Asie. Autant dire que la rumeur enfle à la vitesse d’un tsunami sur la présence parisienne d’une telle star des casseroles.

Pourtant l’affaire se présente ici avec modestie. Un quartier gourmand qui sait remuer les appétits mais sans faste ni luxe, un bout de rue désert, un couloir débouchant sur une salle de taille réduite que surplombe une mezzanine : rien de bien exubérant dans cette installation. Du bon goût cependant, avec un décor aérien, une verrière inattendue d’où descendent des lustres de cuivre ajourés en forme de corsets (un rappel à la boutique de lingerie qui occupait les lieux auparavant ?), une cuisine largement ouverte et des tables espacées où l’on peut déployer sans risques les plaisirs d’une conversation. Du calme, de la quiétude et une agréable sensation de légèreté.

Derrière la face vitrée de la cuisine s’active le talent de Vincent Crépel, disciple d’André Chiang et bourlingueur des marmites (passé à Singapour bien sûr, mais aussi en Suisse). Il envoie de sa cambuse high tech des assiettes étonnantes, vibrantes, sophistiquées, parfois brutales, parfois caressantes, toujours délicieuses : des coeurs de canard accompagnés d’un bouillon d’oignons et de salicornes tendres comme un baiser, une volaille des landes avec des fregola (petites pates), du maïs fermenté et sauté (dingue), une émulsion de balsamique, une marmelade de jaune d’oeuf et de la crème de maïs d’une douceur épatante, des figues rôties en tranche qu’accompagnent un beurre noisette et une meringue à peine sucrée pour un dessert tendu comme un soupir. C’est peu dire qu’il y a du savoir-faire et de l’imagination dans cette cuisine.

En salle, les manières affables de Thibault Passinge, lui aussi revenu des antipodes, et ses compétences oenologiques donnent au service des lueurs amicales. Un vin blanc du Jura (Domaine Labet – Les Champs Rouges) étonnant d’équilibre et un Saint Joseph (Domaine du Monteillet) tout en finesse plus tard, on se dit que l’on reviendra. Vite. Très vite même.

Ah ! J’oubliais : les menus du déjeuner à 28 et 35 € sont sans doute l’une des meilleures affaires parisiennes du moment. Comment ? Vous êtes encore là ? Mais foncez donc !

 

Thierry Richard

 

Porte 12
12 rue des Messageries
75010 Paris
01 42 46 22 64
Fermé samedi midi, dimanche et lundi
Menus déjeuner : 28 € et 35 €
Menus diner : 58 € et 65 €
Site web : http://www.porte12.com/
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