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Jaguar réplique avec la Type-E Lightweight

Jaguar réplique avec la Type-E Lightweight

Alice au Pays des Merveilles était Anglaise. La Jaguar Type-E aussi. C’est dire si tout est possible Outre-Manche. Le week-end dernier, à Goodwood, verdoyante bourgade du Sussex, plusieurs milliers de personnes se trouvaient transposés dans les années 40/50/60, comme par magie. Le prestidigitateur se nomme Lord March. Simultanément, une voiture des années soixante est disponible à la vente avec une carte grise émise en 2014. En Angleterre, il est toujours délicat de parler du temps…

Sur la piste du circuit de Goodwood, le temps du week-end du « Revival », l’une des reines de l’asphalte est toujours la Jaguar Type E. Mais parmi les 72 500 XK-E produites à Coventry entre 1961 et 1975, douze exemplaires très spéciaux sont particulièrement admirés ; les fameuses « Lightweight ». Développées durant l’hiver 1961-1962 pour participer au nouveau championnat du monde des marques ouvert aux voitures de Grand Tourisme, à partir de 1962, ces versions allégées pour la course gagnaient 114 kg par rapport au modèle « standard » et affichaient 300 chevaux, voire 340 en fin de carrière grâce à l’injection Lucas. Elles s’illustrèrent aux mains des plus grands pilotes de l’époque, tels Graham Hill, Jackie Stewart, Roy Salvatori ou Briggs Cunningham.

Seulement douze voitures au monde ? L’équation est un peu plus complexe qu’il n’y parait. Jusqu’à présent, il fallait commencer par retrancher un exemplaire détruit en course. Reste onze. Puis retenir les deux exemplaires transformés en coupés par l’usine, sous le crayon de l’ingénieur aérodynamicien Malcolm Sayer, au début de la saison 1964. Les « Lightweight » des pilotes Peter Lindner  et Peter Lumsen sont ainsi devenues les deux « Low drag ». Au volant de la sienne, l’Allemand Peter Lindner – par ailleurs importateur Jaguar à Francfort – passe la barre des 280 km/h au Mans, dans la ligne droite des Hunaudières. Mais le 11 octobre 1964, à Montlhéry, pour les 1 000 km de Paris, la pluie est de la partie. Lindner ne peut éviter un tragique accident avec Franco Patria sur Simca Abarth 2000. «4868WK» est détruite dans le carambolage. Doit-on la décompter ? Sans doute pas puisqu’elle a ressuscitée depuis, notamment entre les mains du fondateur de la société Lynx. Une de ces officines anglaises de grande qualité, capable de reproduire à l’identique les plus beaux bolides de course. Depuis quelques années, il est donc aisé de voir rouler, notamment à Goodwood, plus que les neuf « Lightweight » originelles. Il va désormais falloir leur additionner les six voitures que Jaguar s’apprête à construire, avec les châssis prévus à l’origine du projet et dont les numéros de série n’avaient finalement pas été utilisés. Six… ou plutôt sept, puisqu’un « exemplaire zéro » a été présenté au concours de Pebble Beach pour lancer la machine. Décidément, il faut s’appliquer pour faire les comptes.

Coup marketing ? Suprême orgueil ? Goût du défi ? Valorisation du patrimoine ? Il est difficile de dire ce qui a poussé Jaguar dans cette démarche. Il y a quelques années déjà, en 1988, Aston Martin, avec ses DB4 GT Zagato Sanction II, avait donné un premier coup de pied dans la fourmilière du marché des sportives anciennes, où il est bien difficile de discerner le bon grain de l’ivraie, entre la floraison des répliques et autres évocations et la flambée irraisonnée des prix. Comme la réplique du constructeur aux marchands du Temple.

S’il est bien un chiffre qui semble certain, c’est celui de l’addition, puisqu’il en coûtera désormais 1 250 000 euros pour devenir l’heureux propriétaire d’une « Lightweight ». Pour ce prix, la Jaguar flambant neuve sera estampillée et garantie en tout points conforme au modèle 1963 ; c’est-à-dire le cabriolet doté d’une carrosserie et d’un hard-top en aluminium. A l’époque, le six-cylindres 3,8 litres avait été largement revu afin de rivaliser avec les Ferrari 250 GTO et les Aston Martin DB4 GT Zagato. Réalisé en alliage léger, ce bloc XK s’inspirait fortement de celui de la Type D victorieuse au Mans en 1957, adoptant notamment un volant moteur allégé, un carter sec et des culasses « wide angle ». En prime, ces exemplaires complémentaires pourront être choisis dans une palette de coloris et bénéficieront d’une homologation FIA afin de pouvoir prendre part aux épreuves historiques désormais très prisées.

Chez Jaguar, la démarche est assumée et pleinement revendiquée, et Ian Calum, directeur de design du constructeur n’hésite pas à déclarer que « avec la Type-E Lightweight, notre attention en tant qu’équipe en charge du design fut d’assurer que le projet rend parfaitement justice au travail original de Sir William Lyons et de Malcolm Sayer. Une attention méticuleuse aux détails a été apportée pour re-créer ces voitures, comme c’est le cas pour les Jaguar contemporaines. Je crois sincèrement que le résultat est une nouvelle Type-E Lightweight aussi spectaculaire et surprenante que l’originale ne le fut à l’époque quand elle était nouvelle ! »

Entre le lancement de la vénéneuse et sculpturale F-Type R et le lancement d’une berline familiale de taille intermédiaire, la nouvelle XE, le département des « Opérations spéciales » de Jaguar a décidé de ressusciter cette très illustre sportive. Alors quoi de neuf chez Jaguar ? La Type E !

 

Frédéric Brun

 

Et pour les amoureux de la XK-E

 

 

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