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Blazer : le bleu de travail idéal

Blazer : le bleu de travail idéal

Lequel d’entre nous n’a rêvé, enfant, d’avoir un couteau Suisse ? Ce petit objet si pratique, multifonctions, capable de vous tirer d’affaire en toute circonstances. Voilà une définition qui conviendrait à merveille au blazer bleu marine. Sans doute est-il à la garde robe de l’élégant ce que la robe noire est à celle de la coquette.

Sophistiqué et simple à la fois, le blazer est à l’aise en toutes hypothèses, mariant en permanence chic et décontraction, classicisme et modernité. Comme il en existe plusieurs variantes, en fonction de la coupe – droite ou croisée – et du boutonnage, cette pièce évoquant l’uniforme classique du citadin sait se singulariser.

Même ses origines ne sont pas si évidentes. Evidemment, sa terre natale est la Grande-Bretagne mais deux hypothèses circulent sur sa genèse. Est-il le descendant de cette veste de parade bleue foncée que le commandant du navire de guerre HMS Blazer fit porter à ses hommes, agrémentée de boutons de cuivre bien astiqués et frappés des armes royales, à l’occasion de la visite d’inspection à bord de la reine Victoria ? Ou ne serait-il pas plutôt l’héritier de ces vestes de sports portées dans les universités et les clubs de la bonne société britannique, à partir des années Trente, arborant boutons armoriés et couleurs de l’institutions sous forme de rayures vives et voyantes, valant à leurs porteurs le surnom de « blazer », terme dévié du verbe « to blase », entendu ainsi comme le fait de « plastronner » ? Réponse : les deux.

Bercé d’une telle duplicité, entre rigueur de la Navy et fantaisie désinvolte de sortie de vestiaires, le blazer ne pouvait être que multiple et indémodable, tantôt chic, tantôt décontracté. S’il reste une tenue informelle pour les Britanniques, il pourra être perçu comme une tenue stricte sur le continent. Ainsi, quand un banquier ou un avocat de la City aura la sensation de se détendre en revêtant son blazer et son pantalon gris lorsqu’il retourne au bureau le dimanche, Français et Italiens ne le boudent ni pour un conseil d’administration ni pour un vernissage. Dans le monde de l’art, il s’agrémente volontiers d’une cravate en tricot. Pour les membres de clubs et d’associations, il est le complément d’objet direct de la cravate rayée. Les yachtmen le choisissent croisé, avec toutes sortes de combinaisons de fermeture selon les époques, sur un pantalon blanc. Mais désormais, bien souvent, cette veste sombre s’affranchit du protocole, délaisse les boutons de cuivre ou d’argent, émaillés ou gravés, pour préférer des nacres irisées, des cornes, voire des bakélites ou acétates discrètes, presque invisibles ou, au contraire, blanches. Il s’associe aux jeans ou à des pantalons de couleurs vives pour plus de fantaisie. L’été, il pourra même, fantasque, agrémenter un bermuda.

Chacun trouvera son style, selon ses goûts et, comme toujours lorsqu’il s’agit d’opter pour une forme ou une coupe, avant tout selon sa morphologie. Les mêmes règles de base que pour le complet s’appliquent. Si les revers crantés de la version croisée accentuent la carrure, un blazer droit pourra affiner la silhouette.

Le blazer est le compagnon idéal du globe-trotteur. Largement admis partout autour du monde, il est extrêmement pratique et toujours synonyme de chic. Une astuce consiste, pour voyager léger, à avoir un costume bleu marine et un deuxième pantalon de son choix, pour varier les tenues, de la plus détendue à la plus habillée en fonction des circonstances, des hasards ou des aléas du périple. Dans le train, il se fait oublier en contrepoint d’un chino et offre ses poches à tout l’attirail nécessaire. Tandis que porté avec une chemise blanche, une cravate sombre et des pantalons gris soutenu, il devient une tenue de cocktail. Une invitation imprévue à dîner ? Un rendez-vous prometteur ? Un deuil inopiné ? Le pantalon bleu entre en scène. Mais attention: ce truc n’est jouable que si l’étoffe est assez travaillée, comme une maille ou un jersey, pour ne pas donner l’impression que la veste n’est que le rebut d’un complet désuni, mais bel et bien un blazer à part entière. Une fois de plus, tout est affaire de subtilité et de choix. A ce jeux, l’idéal sera de se tourner vers un bon faiseur.

Ils sont légions. Nombre de maisons en ont fait un de leurs classiques, comme chez Gives & Hawkes, tailleur établi à Savile Row et qui s’honore de fournir encore les officiers supérieurs de la Navy ou les membres de la famille royale, ou encore chez Ralph Lauren qui en propose de nombreuses versions au gré de ses lignes, entre la décontraction preppy des blazer Polo, à l’extrême raffinement des collections Purple Label. Idem chez Hackett. Albert Goldberg, initiateur du style sport-chic au temps glorieux de son enseigne Façonnable, le décline désormais en toutes sortes de matières et de coupes, du coton au cachemire en passant par de suaves laines froides ou des mailles, sous sa griffe Albert Arts. Et pour les élégants qui aiment se jouer du conformisme avec des détails malicieux connus d’eux seuls, le merveilleux maitre tailleur Djay les amusera en mariant à une coupe impeccable d’époustouflantes doublures chamarrées ou fleuries. Ce ne sont que des exemples tant l’éventail est large.

Reste le caprice de la mode. Depuis plusieurs saisons, le blazer à boutons doré faisait sourire, surtout dans sa version traditionnelle à double boutonnage, est à nouveau de mise. Avec ce petit côté de notable de province, de vieux beau de la Côte d’Azur, de séducteur de villes thermales ou de conseiller général centriste, il finissait par sembler obsolète. Depuis la saison dernière, c’est ainsi qu’il est revenu sur les podiums des créateurs, dans les campagnes de publicité et sur les épaules des vedettes. Il est grand temps d’aller retrouver au grenier celui que vous portiez, adolescent, pour les fêtes de famille. Saperlipopette !

 

Frédéric Brun

 

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