Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

Cigare : 5 conseils pour rater votre première dégustation

Cigare : 5 conseils pour rater votre première dégustation

Le cigare, que certains s’évertuent à faire passer pour très mystérieux, est pourtant 100% naturel, brut de terroir. Il ne demande qu’une chose : que vous le preniez tel qu’il est, sans en faire des tonnes. Mais la première approche peut parfois mal (se) passer.

Les Grands Ducs vous résument le parfait ratage en 5 points. Avant de vous délivrer, en bons gentlemen, l’antidote adéquat. Quelques règles de bon sens, loin des protocoles alambiqués.

 

1) Faites-vous le palais avec des cigarillos

Le scénario : Le grand jour est imminent, vous l’avez – quasiment – décidé. Mais avouez-le, comme en amour, il est si sympathique de retarder encore un peu le moment de la suprême combustion… Alors, avant de vous enflammer pour un épais H. Upmann Magnum 50, vous allez apprivoiser vos papilles avec quelques cigarillos. Vous avez toujours adoré les bandes annonces.

Le gilet de sauvetage : Halte ! Les cigarillos sont au cigare ce que le surimi est au poisson. Constitués dans 99% des cas de déchets de tabac balayés dans les manufactures, leur fumée percutera votre langue d’un cuisant impact de fumée âcre et peu subtile (diamètre très étroit oblige, ce serait comme boire du Coca à la paille). Un vrai cigare, lui, est composé de feuilles entières, disposées dans un ordre précis par la main de l’homme (ou de la femme). Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, un diamètre imposant (ou qui semble l’être) laisse passer de l’air, la fumée sera donc plus légère, plus subtile qu’en tirant sur un cigarillo.

 

2) Achetez-le n’importe où

Le scénario : Rendez-vous dans le premier débit de tabac venu. Une vitrine en vue ? Il y a bien là quelques modules qui vous attendent. Ils sont secs et peu engageants ? Le buraliste soupire quand vous lui demandez de vous conseiller ? Peu importe. Les bagues sont jolies. Un cigare, c’est du tabac. Vous achetez.

Le gilet de sauvetage : Et si vous prépariez votre chasse au trésor ? En poussant par exemple la porte d’une bonne civette – l’un de ces bureaux de tabac équipés d’armoires humidifiées dignes de ce nom. Car, oui, le cigare, petite chose fragile née aux Caraïbes où le taux d’hygrométrie avoisine les 70%, doit conserver ce taux. Surtout dans nos contrées sèches. Vous pourriez dénicher les meilleures adresses de civettes dans le Havanoscope 2014, en vente en kiosques, ou encore  (merci) et même échanger avec des passionnés . Pas d’étui hermétique sur vous ? Ni de petite cave personnelle (on appelle cela un humidor) à la maison ? 24 h après votre achat, votre cigare sera tout sec. Donc infumable. Achetez-le donc le jour-même dans ce cas.

 

3) Opérez le ventre vide

Le scénario : Parce qu’il ne s’agirait pas de rentrer trop tard après une bonne journée au bureau, vous avez choisi l’heure de l’apéro pour faire la fête à ce premier cigare de votre vie. C’est l’heure où les papilles sont fraiches, les idées claires. Vous sortez donc votre boîte d’allumettes…

Le gilet de sauvetage : Déguster un cigare, c’est prendre un ticket pour trente à cent-vingt minutes de volutes. Rien d’anodin pour le corps. Pour éviter les aléas du choc nicotinique et ses symptômes dispensables (pâleur digne d’une héroïne de Jane Austen, suées et autres soucis gastriques), mieux vaut avoir l’estomac un peu rempli et vous hydrater régulièrement lors de la dégustation (non, pas uniquement à coups de mojito, pensez aussi à l’eau, plate ou gazeuse !). Vous testerez des conditions plus rock’n roll (le matin, au beau milieu de la nuit…) lorsque vous serez plus aguerri. Simple principe de précaution.

 

4) Pas de cigare sans whisky de compétition

Le scénario : Ou au choix, pas de Cohiba sans Bas-Armagnac « de la maison Unetelle », sans rhum vieux, etc… Et puis quoi encore ? Pas de Cifonelli sans Rolex ? Pas de fumée sans feu ?

Le gilet de sauvetage : Le cigare que vous allez allumer est déjà riche d’une multitude d’arômes, pour ne pas dire d’une sacrée personnalité. Qu’il soit cubain ou dominicain, hondurien ou nicaraguayen, voire issu du métissage de plusieurs terroirs, écoutez ce qu’il a à vous dire. Faites passer son escorte au second plan. Ne vous rajoutez pas la pression du « toujours plus », qui consiste à viser le zéro faute côté fumée ET au niveau du pedigree de votre liqueur. C’est votre première fois, buvez un whisky d’anthologie si cela vous fait plaisir, mais si vous vous sentez davantage chez vous avec un expresso ou un verre de rosé, c’est aussi bien.

 

5) Fumez-le jusqu’au bout !

Le scénario : Un peu de courage : vous avez fumé trois centimètres, il en reste plus du double. Comme le disait ma grand-mère : « À ce prix-là, il ne faut pas gâcher ». Elles sont finalement très accessibles, les portes de ce grand club – celui des gentlemen dont le visage se crispe et verdit à l’évocation de « cette horrible fois où (ils) ont été malade(s) »… D’ailleurs, si vous écoutez l’adage de mon aïeule, votre carte de membre va arriver par FedEx avant la fin de la soirée.

Le gilet de sauvetage : Ne vous forcez jamais à terminer un cigare. Un cigare fumé seulement à la moitié, s’il vous a déjà « rassasié », saura s’éteindre dignement dans le cendrier. Vos amis, s’ils sont gentlemen, se garderont bien de vous interroger sur les motifs de cet abandon. Et vous, vous aurez au moins la certitude de ne pas repartir avec un mauvais souvenir.

 

Guillaume Tesson

 
Rappel : Fumer nuit gravement à la santé (loi n° 9132)
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial

TOUS LES VENDREDIS, LE MEILLEUR DES GRANDS DUCS DANS VOTRE BOITE MAIL

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire

×