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MASERATI KHAMSIN : seventies chic

MASERATI KHAMSIN : seventies chic

Nous étions encore quelques-uns voici dix ou quinze ans à égrener en comité réduit les chefs-d’œuvre oubliés de l’automobile italienne des grandes années. Autos oubliées, autos loupées, autos réussies mais inroulables, l’époque était à leur redécouverte et, démarche aujourd’hui devenue impossible, à leur démystification.

Les redécouvrir et les démystifier, pour d’urgence rouler avec, avant un apocalypse pétrolier inévitable.

Aujourd’hui, aucune de ces autos, même la plus ratée, la plus obscure, n’est à redécouvrir : les exégètes à la petite semaine et les marchands du temple se sont associés pour recréer des mythes.

Dans cette saga qui s’ouvre aujourd’hui, mythe, business et storytelling seront remplacés par le cuir, le formica et la benzine: back to basics, ne laissez pas les aveugles vous raconter les couleurs, laissez les Grands Ducs vous faire découvrir le vrai visage de ces divas transalpines.

Avanti.

La Maserati Khamsin

1972.
Sur un air de dolce-vita finissante apparaît la Khamsin. Maserati la destine à remplacer son mythique mais vieillissant best-seller, la Ghibli. Les temps sont durs pour les officines de voitures de sport : Lamborghini s’est retiré dans ses vignobles de Lambrusco, laissant sa firme en banqueroute, tandis que le rival séculaire, Ferrari, s’est mis à l’abri des turbulences en se vendant à FIAT. En quête de sérénité, Maserati s’acoquine avec un protecteur contre-nature : Citroën.

Les gens du quai de Javel vont s’inviter dans la conception de la Khamsin en fournissant leur emblématique système hydraulique pour la direction et les freins. Luxe et source de fuites supplémentaires, la pression hydraulique permet au conducteur d’ajuster pédalier et sièges à sa morphologie. L’Ingegnere Alfieri (on le retrouvera plus tard chez Lamborghini) cogite sur une plate-forme et des trains roulants modernes pour remplacer ceux, obsolètes, de la Ghibli.

Zéro budget pour un nouveau moteur, on reprend le V8 maison …Caractéristique essentielle qui donnera sa personnalité esthétique à la Khamsin, ce beau moteur est reculé derrière l’essieu avant, et, détail amusant, la roue de secours se loge dans le museau de la voiture pour une répartition idéale de poids.

Au rayon design, l’ambition est de rééditer le hold-up de 1966, quand la Ghibli avait ramené au rang de Fiat profilées les Ferrari, en tailladant leurs rondeurs à coup de rasoir. La carrozzeria Bertone mandate son jeune premier – pas encore à son compte – le très en vogue Marcello Gandini. On obtient un porte-flambeau de l’école cunéiforme, sculpté par le tempétueux vent du désert auquel l’auto doit son nom.

Plus prosaïquement, la Khamsin doit ses proportions ramassées sur l’arrière et son interminable capot à son architecture technique, mais Gandini a su les exploiter à merveille pour créer ce profil atypique. Admirez le soin du détail : les feux arrière en suspension sur un panneau de plexiglas, les prises d’air de capot asymétriques, et surtout le fabuleux et complexe évasé des ailes arrières…

Quant à l’habitacle 2+2 (entendre 2 adultes – 2 nabots), peut-être que le maître jugea que, pour son prix, il en avait assez fait à l’extérieur… L’intérieur donne dans le cubisme « Cosmos 1999 » voire l’esbroufe, mais tout au moins y trouve-t’on l’hypnotique batterie de cadrans Veglia Borletti.

Lorsque la production débute réellement, en 1974, la dolce vita est morte, assassinée par les brigades rouges et le choc pétrolier. Les supercars à moteur central ont volé la vedette à la Khamsin, et Citroen en faillite est racheté par Peugeot, qui revend Maserati, en redressement judiciaire, au sémillant De Tomaso. Malgré les turbulences, 422 Khamsin seront assemblées jusqu’en 1982, année où la vague « Biturbo » mettra tristement un terme définitif à l’arbre généalogiques des grosses GT Maserati…

Naguère dépositaire de l’élégance et de la qualité, face à un Ferrari qui courtisait les m’as-tu-vu avec ses autos clinquantes et mal finies, le trident est aujourd’hui devenu par un injuste sort satellite de son ancien rival, dont il fabrique les autos « d’entrée de gamme ».

Sic transit gloria mundi

 

Frank Pistone

 

    Au volant    
      • Une personnalité atypique.
      • Les berlinettes à moteur central concurrentes (Ferrari BB …) étaient instables et délicates à conduire vite, alors que la Khamsin est d’une stabilité imperturbable et rassurante.
      • Les concurrentes à moteur avant (Lamborghini Espada…) étaient camionesques à conduire, la Khamsin est confortable, bien filtrée, les commandes sont légères, l’auto est agile malgré son poids.
      • Poids qui s’estompe sous la poigne de fer du V8, coupleux et rageur à la fois : justifiant sa légende, il catapulte l’auto à 280km/h et le 0- 100 km/h est expédié en 6 sec (bel canto inclus). Loin de l’idée que l’on se fait des italiennes vintage, la Khamsin est moderne, certains la trouveront même trop moderne: elle préfigure des autos comme la Porsche 928 ou la Ferrari 456, qui plairont tant à la grande bourgeoisie dans les années 80-90.
      • Finalement on a reproché à la Khamsin de mélanger les genres : une Gran Turismo italienne qui avale la strada avec une aisance et une compétence de berline allemande…Reste qu’aujourd’hui on peut se demander si ce défaut invoqué par les « puristes » n’était pas finalement…une qualité.
    Pour en savoir plus    
Années : 1973-1982
Production totale: 421 ou 422
Moteur : V8 à 90° – 4ACT- 2 soupapes/cyl
Cylindrée : 4930 cc
Puissance : 320 ch à 5500 tr/min
Couple : 49 m.kg à 4000 tr min
Transmission : BVM 5 – AR
Poids : 1680 kg à vide
Vitesse maximale : 280 km/h

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