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Pebble Beach : au paradis de l'automobile

Pebble Beach : au paradis de l’automobile

Une plage ? Enfin, pas vraiment… Un green posé sur le Pacifique sur cette côte sauvage du Nord de la Californie, dans une anse entre Carmel et Monterey.

Carmel, la bourgade longtemps dirigée par Clint Eastwood qui d’une main de fer a interdit l’intrusion d’enseignes discount ou trop criantes pour en préserver le charme et Monterey ensoleillée avec son aquarium adulé par les familles américaines. Avec, entre les deux, une enclave peuplée de golfs, de daims, de loutres et de villas immaculées de milliardaires retraités. Une enclave chic et chère (accès par péage s’il vous plait !) mais éternellement plongée dans le fog pendant l’été. Et une fois l’an, au mois d’août, cette zone préservée devient la Mecque de l’automobile historique si possible à fort pedigree.

Car le Concours d’Elégance de Pebble Beach ne se résume pas à un simple concours. Non, c’est durant une semaine entière que l’on se rend du monde entier vers ce coin un peu paumé de Californie.

Pêle mêle, on ira truster les plus grandes ventes aux enchères de la planète réunissant des milliers d’enchérisseurs potentiels: l’ambiance y est électrique pour mieux pousser des « oooh » ou des « aaah » devant les autos dépassant les 10 millions de dollars, exclusivement des Ferrari, à commencer par la 250 GTO vendue chez Bonhams pour un peu plus de 36 millions de dollars. Résultat un rien décevant d’ailleurs, mais on se résignera en indiquant que c’est la loi du marché. L’ambiance des ventes chez Russo & Steele ou Mecum est beaucoup moins guindée, plus proche d’un rodeo avec de la musique country. Toujours étonnant d’y voir une Jaguar XK vendue à la criée à un type en chemise hawaïenne entre deux Mustang…

Marre des enchères, envie d’adrénaline, d’odeurs de ricin et d’action ? Direction les Rolex Historic Races à Laguna Seca, légendaire et valloné circuit américain. Ici, on pilote et on se crache entre les mains pour affronter la horde de V8 gavés de chevaux. L’ambiance est y vraiment décontractée et pourtant le paddock regorge de merveilles, Ferrari 250 LM ou GTO, Jaguar Type C, Porsche 904 et autres raretés qui courent sous le soleil de plomb. Les motorhomes ressemblent à des yachts posés là le temps d’un week-end et on croise dans les parkings les dernières supercars à la mode… Bref, la course version américaine, c’est du XXL !

Filons à Carmel au Concorso Italiano. Un autre golf, des autos exclusivement italiennes essentiellement modernes un peu à l’instar d’un Cars & Coffee… Ne boudons pas notre plaisir, cette avalanche de Lamborghini Murcielago, cette orgie de Ferrari et l’hommage rendu à Zagato au travers d’auto extraordinaires ne manque pas de charme.

Détour par le off de la semaine, petite zone à l’abri d’un simple parking. Pas de golf, pas d’hôtesse aux seins refaits, pas de lifting, non… Le Concours des Lemon, c’est la revanche des mal-aimées, des oubliées de l’histoire automobile. La Renault Alliance déclinaison cabriolet de la défunte Renault 9 y trône en star aux côtés d’une Saab Sonnett et autres américaines décaties. N’empêche, on serait bien reparti avec ce camping-car GMC des 60’s neuf… sans parler de la présence incongrue d’une rare et sublime Tatra !

Le Quail, c’est THE place to be ! Une journées sur un green (oui, on aime bien fouler les greens avec des autos pendant cette semaine-là) où viennent se poser des autos rares et chères comme les Ferrari 275 ou les plus exclusives supercars modernes, Pagani et Bugatti en tête. On y boit du champagne, ingurgite du homard. Bref, c’est chic, cher et très américain. Immanquable donc à condition d’y dégoter un billet !

Passons sur les rues remplies de supercars, McLaren et Bentley sont aussi courantes que les Twingo à Bobigny, et filons directement à Pebble Beach le dimanche. Passons aussi sur les dizaines de soirées, brunchs ou cocktails dans les plus belles maisons du coin où chacun y va de son reveal d’une nouvelle merveilleuse automobile.

Plus étonnant (quoique), les constructeurs asiatiques ont chacun leur pavillon grandiose comme s’ils étaient venus s’acheter là un bout d’histoire qui leur manque !

Pebble Beach donc… Un monde dingue, habillé ou sur-habillé, un peu de soleil – c’est si rare ici – et des autos venues des 4 coins des Etats-Unis voire du monde pour gagner les plus prestigieux des prix. Le plus convoité d’entre tous reste le Best of Show. Quelques coups de cœur néanmoins pour la Preservation Class qui récompense les autos dans leur jus, pour l’hommage aux Ferrari 250 Testa Rossa par Bvlgari qui a voulu célébrer le génie italien et celui rendu aux French Grand Prix Cars.

Mais ce que histoire retiendra du cru 2014, c’est une véritable révolution de palais. En effet, la grande gagnante est pour la première fois une auto d’après 1945, la sublime Ferrari 375 MM ex Ingrid Bergman et non une des sublimes autos françaises de l’entre-deux guerres – Delahaye, Voisin etc… – qui ont longtemps trusté ce prix que chaque grand collectionneur se doit d’empocher.

Last but not least, un rallye ultraconfidentiel avec la célèbre maison Bvlgari a, pendant la semaine qui a suivi, réuni quatorze Ferrari 250 Testa Rossa (dont 4 gagnantes du Mans) entre Pebble Beach et Santa Barbara. Imaginez ces autos de légende emprunter la splendide Route 1 le long du Pacifique et vous aurez une petite idée du rêve éveillé qu’ont pu vivre les rares témoins de cette épopée.

Bref, au risque d’une overdose automobile, Pebble Beach, ça vaut le détour !

 

Henry Duanyard

 

Pebble Beach, Monterey, Californie, Etats-Unis – Août 2014
Prochain concours d’élégance à partir du 16 août 2015

 

 

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