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Markus Lüpertz : couleur, forme et style

Markus Lüpertz : couleur, forme et style

Le Musée d’Art Moderne a choisi de mettre à l’honneur un artiste que les Grands Ducs ne renieraient pas : Markus Lüpertz.

Au fil des grandes salles immaculées du MAM qui laissent la part belle aux œuvres, on découvre le travail de l’artiste allemand de manière antichronologique : 140 peintures, des sculptures souvent monumentales et des dessins au trait vif se succèdent, hypnotiques. De sa production actuelle, on s’enfonce dans ses préoccupations passées en admirant toutes les nuances de sa palette en constante évolution. Rejetant l’expressionnisme abstrait et le pop art de l’après-guerre, Markus Lüpertz a défini un genre nouveau, celui d’une peinture non-gestuelle et réfléchie qui dépasse et exalte le motif. La forme est simplifiée, le détail grossi, et l’œil ne sait plus très bien s’il faut ranger ces toiles dans la figuration ou l’abstraction. « Plus j’avance en peinture, plus je vise la destruction de l’achèvement ».

Témoin de son époque, le peintre, par allégories et couleurs plus sombres, rappelle les heures sombres de l’Allemagne, comme des uniformes et des casques que l’on devine nazis ou un ciel gris plombé alors que la guerre éclate en ex-Yougoslavie et dans le Golfe. « La peinture fournit le vocabulaire pour rendre visible le monde », explique-t-il. Intéressé par l’histoire, il dialogue avec Poussin, Goya, Courbet ou Picasso et revisite les idéaux de beauté de l’Antiquité grecque en déformant les corps sur ses toiles ou sculptures.

En approchant de la fin de cette longue exposition, une vidéo récapitule les multiples facettes de l’artiste. Markus Lüpertz, qui avoue ne jamais s’impliquer dans l’élaboration des expositions qui lui sont consacrées car il « aime découvrir un autre regard », s’y met en scène. Il rend compte de son art avec une totale maîtrise et une rhétorique arrogante qui lui a valu le surnom de « roi des peintres ». On y découvre une sorte d’aristocrate excentrique qui définit « la piété, le bonheur familial et l’argent » comme les trois choses que ne doit jamais posséder un artiste. Sa femme et ses cinq enfants apprécieront. Cintré dans son costume, pochette bien pliée et canne au pommeau sculpté au bras, il explique qu’il regrette devoir se salir autant en créant et que la chose qu’il trouve la plus magnifique, ce sont « les costumes-sur-mesure ».

Bref, un vieux monsieur de 74 ans dont les œuvres sont aussi intrigantes que son élégance est innée.

 

Louise Bollecker

 

Musée d’Art Moderne de Paris
11 avenue du Président Roosevelt
75016 Paris
01 53 67 40 00
Du 17 avril au 19 juillet 2015
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne, pour les expositions temporaires, le jeudi jusqu’à 22h
Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : 7 €
Gratuit pour les moins de 18 ans
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