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De Plaatjesmakers : le portrait nec plus ultra

De Plaatjesmakers : le portrait nec plus ultra

Imaginez un voyage vers le passé, plus précisément aux alentours des années 50, 1850, seulement quelques décennies après l’invention de la photographie …

Si la ballade vous dit, direction Amsterdam Sud et plus précisément l’atelier de Melanie et Sevilay, les deux jeunes femmes à l’initiative de « De Plaatjesmakers » (littéralement les fabricantes d’images) pour une expérience hors du temps.

Une séance unique et inoubliable, pendant laquelle vous les accompagnerez et suivrez toutes les étapes de fabrication de votre portrait…

Sev et Melanie utilisent une technique très particulière, celle du collodion humide, dont la paternité est attribuée à Frederick Scott Smith (mais qui pourrait bien avoir été inventé par le photographe français Gustave le Gray…).

Pour les afficionados et les méticuleux – et parce que c’est passionnant, « Le collodion est un nitrate de cellulose dissous dans un mélange d’alcool et d’éther que l’on étend sur une plaque de verre ou de métal. Quand ce mélange sirupeux commence à se figer sur le verre, on plonge la plaque dans un bain de nitrate d’argent pour la sensibiliser, les sels contenus dans la pellicule sont ainsi transformés en halogénure d’argent sensible à la lumière. On égoutte alors la plaque, la transfère dans un châssis étanche à la lumière. Toutes ces opérations se font en chambre noire. On peut alors faire une prise de vue avec la chambre photographique. La plaque doit ensuite être immédiatement développée en chambre éclairée en lumière rouge clair (le collodion étant insensible à la lumière rouge) avec de l’acide gallique ou du sulfate de fer puis fixée au thiosulfate de sodium ou au cyanure de potassium »

Vient le cérémonial de pose, devant l’un des appareils à chambre de leur collection, où l’on apprend que les matériaux utilisés sont si corrosifs qu’ils dévorent littéralement les appareils et les cadres, et qu’ainsi ils doivent faire l’objet d’un entretien quasi quotidien. Le processus est méticuleux, artisanal et donc risqué; concentration, silence, sérieux, quelques très longues secondes d’immobilité absolue, puis l’atmosphère joliment majestueuse que dégagent les portraits, à dix galaxies des photos actuelles et autres selfies…

Le collodion permet une infinité de nuances de gris, le rendu des clichés est d’une grande précision, il fera ressortir les tâches de rousseur, le bleu des yeux, accentuera les traits, intensifiera l’expression. Une plaque au collodion, c’est un portrait « pour la vie » même si paradoxalement l’objet est d’une  grande fragilité. Séché, fixé à l’aide d’une résine délicieusement parfumée à l’huile essentielle de lavande, il vous sera livré dans un coffret de carton dans lequel il devra reposer 24 heures à plat avant de pouvoir voyager.

Nous avons adoré ces moments, si bien que nous avons rejoint Sev et Melanie le lendemain de notre première séance a l’occasion d’un marché auquel elles participaient dans la version « mobile » de leur atelier (un vieux fauteuil défoncé, un petit appareil a chambre et une tente en guise de chambre noire …) séance de pose plus rapide, une seule plaque, atmosphère sensiblement différente mais résultat tout aussi inoubliable… Nous nous sommes promis d’y retourner. Chaque année …

Comme nous, prenez rendez-vous avec elles, encouragez les, rencontrez les, faites l’expérience, vous ne les oublierez pas de sitôt.

 

Nathalie Gastone
Photographies : Deplaatjesmakers

 

Deplaatjesmakers
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