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Fragonard : vie et mort du libertinage

Fragonard : vie et mort du libertinage

Fragonard, amoureux, vraiment ? Le joli nom de l’exposition du Musée du Luxembourg semble moins correspondre au personnage que son sous-titre : « galant et libertin ».

Plaisirs érotiques et toiles sensuelles 

Son oeuvre se place en effet au coeur du XVIIIème siècle, époque bénie du libertinage où, pour la première fois, les plaisirs du corps se revendiquent comme indépendants d’un amour sincère. Né à Grasse en 1732, Fragonard plonge tête la première dans ce courant. Il illustre de nombreux contes érotiques ou du moins un brin licencieux, comme ceux de La Fontaine (qui, non, n’a pas écrit que des fables). Quant aux toiles de Frago, tel qu’il se surnommait, elles sont truffées de clins d’oeil coquins comme de détails plus explicites. On citera, entre autres, une femme qui fait semblant de trébucher pour atterrir dans les bras de son amant, des prostituées lascives, des ébats interrompus par un intrus…

Des travers du libertin 

Il ne faut toutefois pas s’attendre à plonger au coeur d’un libertinage fantasmé. L’exposition, pédagogue et bien documentée, n’omet pas de mentionner quelques réserves à l’enthousiasme que peut susciter cette libération des moeurs : les amours tarifés d’abord, mais aussi les risques de viol (malheureusement pour nos coeurs romantiques, la femme du célèbre tableau Le Verrou n’est sûrement pas ravie de se retrouver enfermée en si galante compagnie).

Frago, un génie au coeur tendre 

Mais quelle que soit la morale de l’histoire, il faut courir au Musée du Luxembourg pour admirer le merveilleux coup de pinceau et les couleurs de Jean-Honoré Fragonard. Ses roses et ses jaunes sont aussi intemporels que son fini doux et souvent légèrement flou. Les paysages sont impressionnants, l’équilibre des compositions aussi. Libertin ou pas, Frago parvient toujours à distiller de la tendresse dans ses oeuvres. Devant les jeunes amants du Baiser ou les amoureux de L’instant désiré, ce ne sont pas les corps nus que l’on voit, mais bien l’Amour, qui, ces fois-ci, ne finira pas mal, comme en général.

 

Louise Bollecker

 

Fragonard amoureux au Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard,
75006 Paris
01 40 13 62 00
Du 16 Septembre 2014 au 24 Janvier 2016
Tous les jours de 10h à 19h, nocturne le lundi et le vendredi jusqu’à 21h30.
A lire : Fragonard, l’invention du bonheur, de Sophie Chauveau, est une biographie romancée qui comble les blancs de la vie du peintre. Amours, inspirations et troubles politiques (Fragonard est mort après la Révolution, en 1806) sont au programme. Pour imaginer l’homme au-delà de la toile.
Les Liaisons Dangereuses, de Choderlos de Laclos : ce mythique roman épistolaire, publié du vivant de Fragonard en 1782, critique le cynisme et la méchanceté des libertins. Un livre indémodable et plein d’esprit à lire et relire.
A manger : le salon de thé Angelina, installé dans la cour du Musée, a conçu un gâteau disponible pendant la durée de l’exposition pour rendre hommage au Grassois. Baptisé Vénus, cette pâtisserie rose poudrée à la framboise, à la rose et au litchi est aussi ronde et appétissante que les courbes des demoiselles des toiles de Fragonard.

 

 

 

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