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Lotus 2 + 2, une généalogie

Lotus 2 + 2, une généalogie

Les constructeurs ont toujours cherché à capter le marché des conducteurs sportifs désormais chefs de famille. Qu’elles s’appellent Porsche 911 ou Alpine A310 ou GTA, vous disposez d’une authentique sportive, une Grand Tourisme également, permettant de caser deux rejetons que vous espérez rallier à votre passion, après une éventuelle séance d’origami s’ils grandissent trop vite.

Lorsque que l’on est un artisan anglais dont le slogan est « light is right », ce que l’on pourrait traduire en bon français par « une bonne voiture de course est une voiture qui casse 100 mètres après la ligne d’arrivée », la gageure peut sembler quelque peu incongrue.

Si le flegme britannique n’est pas votre tasse de thé, ou si le fait de devoir régulièrement vous habiller en Karl Lagerfeld sur le bas coté vous rebute, vous pouvez dès maintenant arrêter la lecture de cet article. Pour ceux qui doutent encore, allons-y crescendo.

Véritable milestone du sports-car anglais, la Lotus Elan est soit un coupé, soit un roadster, motorisé par un moteur Ford de grande série qui se voit néanmoins coiffé d’une culasse TwinCam conçue par Lotus. Léger, 600kg pour les premières séries, le bolide est rapide et surtout unanimement salué par la presse pour son toucher de route unique et sa direction précise. A l’inverse de la tendance actuelle, Colin Chapman privilégiait une certaine souplesse d’amortissement, gage d’adhérence mécanique et de polyvalence.

En 1967, Lotus décide d’en dériver un coupé 2+2, sur la base d’un châssis plus long, d’abord avec le même moteur puis avec la version Big Valve permettant de gérer le surplus de poids et enfin une boite 5 vitesses afin d’augmenter la polyvalence de l’engin. Notons cependant que si les versions originales disposent d’une boite Ford s’accouplant sans problème au moteur, la version 5 vitesses est un développement maison sur base d’organes Austin Maxi…. Pourquoi faire simple ?

Vient le moment de placer une de nos répliques préférées des Tontons flingueurs.

« Seulement le tout venant a été piraté par les mômes. Qu’est ce qu’on se fait,… on se risque sur le bizarre ? »

Il s’agit désormais de reprendre une tasse de thé, de croiser les jambes et de réajuster sa veste en tweed. Lotus, artisan plus que véritable constructeur, décide de gagner en autonomie vis à vis de ses fournisseurs, notamment moteur, en concevant et produisant son propre groupe motopropulseur. Si Colin Chapman est un génie, il n’est pas fou et il refourguera en avant première le moulin à Jensen qui produit la Healey à moteur Lotus 907, le tout sans aucune garantie. L’officine en charge du ravalement de façade, on ne peut décemment pas appeler ça un simple essuyage de plâtre, mettra purement et simplement la clé sous la porte en 1976.

Dans les années 1970, le centre du monde en matière de style se trouve en Italie. Les anglais accommodent les tendances transalpines de sauce à la menthe et appellent ça le style wedge, ou ligne en coin. Ce que l’histoire oublie souvent aussi de dire, c’est que ces lignes simples se prêtent facilement au moulage des carrosseries en fibre.

La première, et la plus pure d’un point de vue style fut l’Elite (type 75 pour la différencier de la type 14 des années 60), et propose un format de break de chasse intéressant sur le papier. Pratique, avec son hayon vitré, les dessous reprennent les éléments de l’Elan+2, châssis et boite, ainsi que le fameux (fumeux ?) moteur Lotus 907. C’était le coupé 4 cylindres le plus cher du marché en son temps, las la qualité de finition très kit-car et les déboires qualitatifs en ont limité la diffusion aux aficionados de la marque. Le concept évoluera avec un arrière fastback sous le nom d’Eclat puis d’Excel, cassant la ligne mais certainement plus génératrice dans l’imaginaire populaire de ce qu’est une voiture de sport.

Esthétiquement ancré dans les années 80, l’Excel SE, dernière du nom, vit le jour dans une période trouble pour Lotus, mais cela sera presque un avantage, Toyota ayant décidé de mettre un peu d’ordre dans les hangars insalubres d’Hethel. Remise au gout du jour, elle atteint enfin l’age de la maturité.

Si les Elan+2 sont les plus recherchés, les Elan 2 places ayant atteint des sommets en termes de prix, les Eclat, Elite et Excel stagnent encore en eaux troubles. Leur réputation les précédent, et le coût de réfection de leur moteur, le même que celui de la Lotus Esprit, dépassant celui de la voiture, elles souffrent de ne pas être de véritables Grand Tourisme, ni des sportives pures et dures qui sont le cœur de marché de Lotus.

Les meilleures choix sont les extrêmes, une Elan+2 pour sa pureté et sa relative facilité d’entretien, ou une des dernières Excel SE en espérant que le maraboutage japonais fonctionne, la principale difficulté sera surtout de trouver un exemplaire en conduite à gauche. Les esthètes un brin masochiste se replieront sur une Elite, voiture que l’on trouve plus facilement sur un pont élévateur ou au dessous d’une fosse à vidange que dans les petites annonces.

 

Arnaud Bulteau

 

 

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