Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

Panhard 24

Panhard 24

Aujourd’hui nous allons de tenter de réhabiliter un des plus beaux et des meilleurs coupés français de l’après guerre.

S’il a tout pour lui, me direz-vous, quelle nécessité aurions nous à essayer d’attirer votre attention ? Premièrement, nos habitudes tendent à nous faire aimer les véhicules que nous avons connus à notre adolescence. Ensuite, la plus ancienne marque d’automobile du monde, et une des plus prestigieuses, a du s’adapter à un environnement complexe au sortir de la guerre en développant toute une gamme dotée de moteurs bicylindres refroidis par air, pas vraiment sexy dans l’esprit du public.

Bicylindre, le mot est lâché, cette architecture moteur nous ramène inexorablement à celle de la 2CV. Passe encore pour un berline low-cost (de moins en moins aujourd’hui), mais dans un coupé, Monsieur, ce n’est pas tout bonnement pas possible !

Alors que les anglais, allemands et italiens se sont lancés dans la chasse aux devises étrangères en produisant coupés et roadsters, la France décide d’offrir en priorité à ses citoyens des véhicules abordables. Les conséquences de ce choix stratégique sont encore visibles aujourd’hui. Pour cela, le plan Pons décide d’attribuer en priorité le métal rare et précieux, en l’occurrence l’acier, à trois constructeurs français : Renault, Peugeot et Citroën.

D’une marque de prestige, Panhard et Levassor devient lui aussi constructeur de petite voiture, sans que le terme ne soit péjoratif. De l’initiale Dyna X élégamment baroque, vient ensuite la première Dyna Z, dont la carrosserie entièrement en aluminium préfigurera Audi avec quelques décennies d’avance, et promet des performances incroyables avec son petit bicylindre : 6 places, 6cv, et 6 litres au 100 km, il s’agira comme la DS, un an plus tard, de l’une des berlines les plus intelligentes de son temps.

Le dernier modèle produit par Panhard sera le coupé 24. Le moteur dans sa spécification la plus poussée est nommé Tigre et ses 60 cv SAE (Sans Aucune Exactitude).

Pour pleinement apprécier ces automobiles, il faut se remettre dans le contexte des années 60. Contrairement à aujourd’hui ou chaque véhicule nous est présenté avec pléthore de chiffres techniques et de performances, le juge de paix de l’époque est la route. De nos jours il serait criminel d’évoquer le temps nécessaire pour effectuer un trajet Paris-Lyon par la Nationale 7, mais c’était pourtant le critère principal de jugement du journaliste et essayeur André Costa dans Auto-Journal.

Comme la DS ne sera jamais la plus puissante des grandes routières, il ne faut pas s’attarder sur les chiffres mais seulement prendre le volant pour comprendre et apprécier ce coupé.

Comprendre ce qu’est un moteur, sa plage d’utilisation et apprécier sa tenue de route au mieux de ce qui se fait à l’époque. Pour rouler, il faut sans cesse écouter ce bicylindre, être toujours sur le bon rapport, prévoir, appuyer sur l’accélérateur, le soulager, inlassablement prendre des tours et accepter le bruit qui en découle comme une source inépuisable d’information. Tout l’inverse d’un coupé de forte cylindrée que l’on conduirait un coude à la portière sans s’occuper de ce qui se passe sous le capot.

Panhard au bord de la faillite est racheté par Citroën, et un prototype de la 24 à 4 cylindres est produit. Citroën a-t’il eu peur de la concurrence interne, en tout cas l’étude qui aurait pu être une très grande automobile a purement et simplement été enterrée.

 

Arnaud Bulteau

 

         Wiki-Digest          

1963-1970
24 B et BT : coupé à empattement allongé, faussement dénommée B pour Berline, T pour la spécification moteur Tigre

24 CT : coupé Tigre
60 ch SAE à 5 800 tr/min, 8 m.kg à 3 650 tr/min
vitesse maxi : 160 km/h

 

 

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial

TOUS LES VENDREDIS, LE MEILLEUR DES GRANDS DUCS DANS VOTRE BOITE MAIL

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire

×