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Co-workers, le réseau comme artiste

Co-workers, le réseau comme artiste Exposition Co-workers par Les Grands Ducs Co-workers, le réseau comme artiste

Sous ce titre énigmatique se cache une exposition audacieuse et intelligente proposée par le Musée d’Art Moderne de Paris. « Co-workers, le réseau comme artiste » présente une série d’artistes formés dans les années 2000 et qui réfléchissent dans leurs œuvres aux bouleversements induits par le numérique et la culture de réseau.

 

Supports multiples et pensée ciblée

L’exposition regroupe installations, sculptures, photographies et vidéos. La frontière se brouille d’ailleurs souvent entre les médias utilisés. Enfants de la génération Y, biberonnés au web 2.0, les artistes s’approprient une banque de données illimitée. Le big data (l’ensemble des informations laissées sur la toile par les internautes lors de leur navigation) n’a plus de secret pour eux, les amenant à se poser la question de la paternité des images en circulation : de l’appareil photo à Internet, de l’ordinateur au smartphone, de Photoshop aux réseaux sociaux, l’objet, sa copie, sa reproduction ou sa contrefaçon se confondent. Entre le réel et l’imitation, difficile de trancher.


La fin d’une société industrielle

Fini le bon vieux temps où l’ouvrier, l’employé et le patron savaient à quel moment précisément leur temps de travail était terminé jusqu’au lendemain. Lieu de travail et lieu de vie se mélangent désormais via les espaces de co-working, les open spaces et l’intrusion de la vie professionnelle dans la sphère perso par le biais des smartphones. Cécile B. Evans a ainsi conçu un dispositif interactif qui montre le fonctionnement en temps réel du travail en réseau délocalisé, dispositif qui comprend notamment un écran affichant les échanges d’e-mails entre collaborateurs.

Fluidité numérique et fluidité de nos personnalités

Les réseaux sociaux, formidable outil de personal branding, sont la plateforme idéale pour exposer sa vie privée comme on l’entend. Multiplication et mise en scène de soi jubilatoires, illimitées et délirantes sont de mise. L’exposition présente ainsi de nombreuses vidéos liées à la télé-réalité et la vie côté virtuel – souvent avec recul et cynisme. Et nous (re)apprend la notion d’extimité, inventée par Jacques Lacan dans les années 60 pour définir la relation intime entre analyste et analysant : désormais, entre vous et votre avatar Facebook, vous pourrez appliquer ce concept.

Scénographie ambitieuse et œuvres nouvelles

Mise en scène par le collectif DIS, l’exposition reprend les codes des espaces de co-working ou de transit, comme les halls d’aéroport. La scénographie, à la fois épurée et familière, laisse la part belle aux œuvres. Prenez le temps de vous immerger dans l’atmosphère avant-gardiste de « Co-workers » : les explications, parfois longues, sont nécessaires pour saisir les enjeux. Quant aux œuvres, qui sont plus des work in progress que des chefs-d’oeuvre, elles valent bien qu’on leur donne leur chance. Essayez de visionner les vidéos jusqu’au bout (courage). En bref, une exposition du futur qui ouvrira les yeux des plus réticents sur l’avenir de l’art vers lequel nous fonçons tout droit !

 

Louise Bollecker

 

« Co-workers, le réseau comme artiste », au Musée d’Art Moderne – du 9 octobre 2015 au 31 janvier 2016.
11, avenue du Président Wilson,
75016 Paris
01 53 67 40 00
7€ (plein tarif), 5€ (tarif réduit), gratuit pour les -18 ans.
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 22h.
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