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Daido Moriyama : balade à Tokyo

Daido Moriyama : balade à Tokyo

On ne pourra pas reprocher à la Fondation Cartier de ne pas être fidèle à ses artistes. En 2003, c’est entre ses murs de verre et d’acier que le public français découvre les photographies en noir et blanc du Japonais Daido Moriyama. Jusqu’au 5 juin, c’est une nouvelle fois dans l’espace conçu par Jean Nouvel que l’on peut déambuler entre les clichés, cette fois en couleur, de l’artiste.


Des photos en couleur…

80 photographies colorées sont donc présentées dans le hall principal de la Fondation Cartier. Elles capturent la vie des Tokyoïtes, principalement du quartier de Daido, Shinjuku. Ce n’est pas la qualité ou la technique qui impressionne : la plupart donnent l’impression d’avoir été prises à la va-vite. Ce qui est intéressant, c’est la façon dont les commissaires de l’exposition, Hervé Chandès et Alexis Fabry, les ont confrontées, mises côte à côte. Sans légende ou titre, le monde capturé « sans aucun filtre » par Daido Moriyama laisse au spectateur le soin de tirer ses propres conclusions.

Dans cette oeuvre sensible et sensuelle, la frontière entre la machine et l’homme, la nature et l’industriel, la désolation et l’espoir, le virtuel et le réel se fait mince. La beauté féminine y est duelle. Elle se dévoile parfois au détour d’une rue par de menus détails, comme des jambes ou des silhouettes au loin. Dans d’autres clichés, elle s’affiche brutalement, à travers des mannequins dans des vitrines, des femmes dans des cabarets : plus aguicheuse que sensuelle, elle s’expose et se monnaye. La douleur côtoie le plaisir et le beau côtoie l’étrange.

 

Au noir et blanc allégorique

Une fois ce mystérieux panorama digéré, direction le fond de la Fondation Cartier, où, dans une salle plongée dans l’obscurité, des clichés en noir et blanc défilent sur écran géant. Bruits de voix, klaxons : une musique d’ambiance nous plonge directement au cœur du Japon. La vie à Tokyo, sans fard ni sous-titre de la première partie laisse place au « monde intérieur » de l’artiste. Pour lui, le noir et blanc exprime « les émotions et le sensations qu[‘il a] quotidiennement quand [il] marche sans but dans les rues de Tokyo ». Toujours prises sur le vif, les 291 photos de la série Dogs and Mesh Tights sont plus allégoriques que frontales.

Les virages sur les routes d’asphalte offrent un contraste intéressant avec les petites habitations vétustes encombrées de tuyauterie, tout comme la juxtaposition d’une rivière encadrée de cerisiers et des barres d’immeubles impersonnelles. Ces photographies de Daido Moriyama nous transportent au cœur d’un Japon poétique et vivant, entre désolation, consommation et beauté originelle. Des références fantomatiques viennent à l’esprit. Entre rêve et trivialité, la Fondation Cartier et son protégé livrent une exposition qui raisonne avec justesse, force et poésie.

 

    Prolongez la visite avec Fernell Franco    

Le billet d’entrée à l’exposition Daido Tokyo offre l’accès à l’exposition consacrée au photographe colombien Fernell Franco, figure méconnue mais majeure de l’art latino-américain. Intitulée Cali Clair-Obscur, l’exposition présente plusieurs séries de clichés de l’artiste : ruines, fêtes ou paysages portuaires s’exposent en petit ou grand format, parfois directement modifiées par leur auteur par des jeux de collage ou de retouche sur pellicule. « Ce que j’ai compris en arrivant à Cali, c’est que les étoiles étaient sur terre », résume Fernell Franco.
Vous auriez tort de vous en priver.

 

Louise Bollecker

 

Fondation Cartier pour l’art contemporain
Du 6 février au 5 juin 2016
261 boulevard Raspail,
75014 Paris
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 20h, nocturne le mardi jusqu’à 22h
10,50 € (7€ tarif réduit) pour les deux expositions et l’accès aux jardins
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