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Paul Klee, peintre de l'intellect

Paul Klee, peintre de l’intellect Expo Paul Klee

Avec plus de 100 000 visiteurs en un mois, le Centre Pompidou fait un carton avec sa rétrospective consacrée à l’œuvre de Paul Klee, peintre suisse-allemand né en 1879 et mort en 1940. Ayant connu les impressionnistes, la Première Guerre Mondiale, les cubistes, le nazisme, cet artiste a construit une oeuvre qui ne se range dans aucun courant tout en dialoguant avec chacun d’entre eux. Il est autant représentatif de la première moitié du XXème siècle qu’il est un électron libre inclassable et universel.

 

L’ironie romantique

Dès l’introduction de l’exposition, le constat est clair : Paul Klee est un artiste de l’intellect, un peintre de l’esprit. Avec plus ou moins de pédagogie, la commissaire Angela Lampe cherche à expliciter le concept d’ironie romantique : un ensemble de procédés par lequel la dimension artificielle de l’oeuvre est accentuée. Il n’est pas ici question d’être réaliste ; la toile doit être une mise en scène, une satire, une réflexion de l’esprit pleine de sous-entendus, de jeux de regard, pour dénoncer, acclamer, sublimer.

 

Peindre une idée

L’intérêt de Paul Klee pour le théâtre et les métiers de la scène se comprend à la lumière de l’ironie romantique. Par exemple, le Portrait d’un acrobate (1927) représente à la fois les traits du visage d’un homme et son fil d’équilibriste : les dessous de la création, la métaphore intellectuelle sont facilement lisibles. A chacune des toiles correspond une pensée qui influence le style même de l’artiste : corps déformés pour se moquer des idéologies héroïques, style enfantin pour dénoncer le manque de vitalité de Picasso et les cubistes, hachures pour représenter le désastre du nazisme…

 

Jouer avec son temps

Constamment imprégné de références passées et présentes (Egypte antique, cubisme, constructivisme), Paul Klee conçoit son œuvre comme un jeu de piste. Il reprend à son compte les inventions cubistes, la « couleur lumière » de Kupka, joue avec l’optique comme le feront Raphael Soto et son GRAV (Groupe de recherche pour l’art visuel). Paul Klee est ainsi représentatif d’une époque d’expérimentations artistiques et de bouleversements profonds : entre figuratisme et abstraction, couleur ou motif, le débat est toujours ouvert et repris à leur compte par nos artistes contemporains.

L’œuvre de Paul Klee vaut ainsi le détour bien que l’exposition se perde vite dans les détails. Employant trop souvent un vocabulaire compliqué et des tournures de phrase alambiquées, l’exposition souffre d’un manque de pédagogie et d’une scénographie très classique. Heureusement, les œuvres présentées sont assez ludiques pour rattraper ces maladresses.

 

Louise Bollecker

 

Paul Klee, L’ironie à l’œuvre – du 6 avril au 1er août 2016
Au Centre Pompidou, Place Georges-Pompidou, 75004 Paris
Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 11 h à 21 h. Nocturne le jeudi jusqu’à 23 h.
14 € (musée + exposition temporaire), 11 € tarif réduit.

 

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