Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

L'émotion Seydou Keïta

L’émotion Seydou Keïta Seydou Keïta Grand Palais Culture Les Grands Ducs

Encore peu connu en Europe, le nom du photographe malien est sur toutes les lèvres depuis que le Grand Palais lui a consacré une rétrospective, à voir jusqu’au 11 juillet. À juste titre, puisque son œuvre comme l’exposition sonnent juste. Trois raisons suffisent pour y courir :

 

1. Des portraits sensibles

Ne négligez pas les cadeaux que vous pourriez offrir à vos proches. Certains pourraient être décisifs, à l’instar de l’appareil photo offert au jeune Seydou Keïta par son oncle, de retour d’un voyage au Sénégal. En effet, dès la deuxième moitié des années 30, le jeune homme décide de monter son studio photographique : il tire le portrait de ses clients à la lumière naturelle, dans la cour attenante. Tendant des tissus à motifs derrière eux et cherchant à les embellir, Seydou met en scène ses modèles avec justesse et force. D’une précision unique, ses œuvres sont hypnotiques. Une large gamme de postures humaines se dévoile : vanité, fierté, orgueil, séduction, timidité, bienveillance… Les clients de Seydou expriment l’image qu’ils ont d’eux-mêmes à travers leurs poses. Et que dire de la joie pure, celle qui éclate dans le rire des bébés capturés par l’objectif ? Émouvant, fascinant, entêtant.

2. Une lecture de la décolonisation

Pour les aider à prendre leurs marques et forger leur identité, Seydou Keïta met à disposition de ses modèles bon nombre d’accessoires, du vélo au chapeau élégant. Dans son atelier se pressent toute la société malienne mais aussi des personnalités de toute l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, il apparaît en filigrane un témoignage social de cette période. À l’approche de la décolonisation (officialisée en septembre 1960), le choix des hommes d’arborer des costumes occidentaux ou des habits traditionnels se fait politique. La plupart des jeunes optent pour la première option, postures fières, se réappropriant les accessoires hérités de la colonisation.

3. Une scénographie réussie

Contrairement à l’exposition consacrée à Lucien Clergue dont on se souvient encore de la moquette kitchissime imitant des pavés, les commissaires ont ici opté pour la sobriété. Les murs sont simplement peints dans une nuance douce et lumineuse de rose, hommage discret aux couleurs joyeuses que l’on associe traditionnellement à l’Afrique. Ce choix rehausse le noir et blanc des photographies de Seydou Keïta. Au bout du couloir à la jolie perspective, les murs se font aubergine pour accueillir les écrans sur lesquels défilent des interviews de Seydou et ses proches.

 

Louise Bollecker

 

Seydou Keïta du 31 mars au 11 juillet 2016 au Grand Palais,
Avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris
De 10 h à 20 h le lundi et du jeudi au dimanche. De 10 h à 22 h le mercredi. Fermé le mardi et le 1er mai. Dans le cadre de la Nuit européenne des musées, le samedi 21 mai, l’exposition est gratuite de 20 h à 1 h.
10 € le plein tarif, 7 € le tarif réduit, 27 € le tarif tribu (deux adultes et deux jeunes de 16 à 25 ans)

 

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial

TOUS LES VENDREDIS, LE MEILLEUR DES GRANDS DUCS DANS VOTRE BOITE MAIL

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire

×