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Adrian Falkner fait valser l'art urbain

Adrian Falkner fait valser l’art urbain Franck Le Feuvre Adrian Falkner

La galerie Franck Le Feuvre représente des artistes issus de l’art urbain capables de proposer une œuvre mature et pérenne. C’est le cas d’Adrian Falkner qui expose pour la première fois sous son véritable patronyme, abandonnant son précédent surnom, Smash137. Pour l’exposition Thinking Hand, ce maniaque du contrôle a laissé sa main le guider, sans pré-concevoir les étapes de construction de ses toiles. Son travail vaut le déplacement ; dans l’élégante galerie, ces œuvres abstraites ont la finesse du contemporain et l’énergie du street art. En exclusivité pour Les Grands Ducs, Adrian a répondu à quelques questions. 

 

Les Grands Ducs : Pourquoi avoir embrassé une carrière artistique ?

Adrian Falkner : Je n’ai jamais voulu devenir un artiste. En 1989, quand j’avais 11 ans, j’imaginais que les artistes étaient des hommes étranges, habillés en costume doré, vivant dans un cirque. Je préférais traîner avec un groupe cool, avec les garçons qui portaient des blousons colorés, à l’américaine, et se trimbalaient avec des battes de baseball et des couteaux papillon. Quand je les ai vus inscrire leur nom sur les arrêts de bus de mon quartier, forcément, je devais écrire le mien en-dessous ! De là, le graff s’est imposé.

Comment passe-t-on du graff dans la rue à des toiles exposées dans une galerie parisienne ?

En 2005, j’ai affronté un procès assez sérieux à la suite de mon goût pour les graffs dans la rue et sur des bâtiments publics. J’ai dû me résoudre à abandonner mes activités nocturnes pour un temps, ce qui m’a donné le loisir de peindre sur toile. Et six ans plus tard, j’ai été exposé, seul, dans une galerie parisienne !

Dans Thinking Hand, vous essayez de ne pas visualiser les peintures en amont. Pensez-vous que l’art est une création du corps et non une construction intellectuelle ?

Pas vraiment, je pense juste que j’obtiens de meilleurs résultats quand j’interdis à ma tête d’intervenir trop tôt !

Avez-vous des thèmes plus vastes, des inspirations qui guident vos peintures dans une certaine direction ?

Si vous m’aviez posé la question il y a quelques années, je vous aurais répondu que je voulais peindre l’œuvre parfaite. Aujourd’hui, je veux plus.

L’art contemporain est souvent perçu comme difficile à comprendre. Pensez-vous qu’il faille comprendre une œuvre, ou un acheteur potentiel doit-il seulement laisser ses émotions le guider ?

De mon point de vue, une œuvre d’art ne devrait jamais être totalement comprise pour continuer à exercer sa fascination. Un collectionneur devrait acheter la pièce qu’il ne comprend pas, mais dont il ne peut s’empêcher de penser. Sinon, autant acheter un nouveau canapé !

Quels sentiments essayez-vous de provoquer chez le spectateur ?

Quelque chose comme le souvenir de son premier cri, quand sa mère l’a mis au monde !

Est-ce qu’il vous arrive de penser à la réaction des spectateurs face à vos œuvres, ou est-ce que vous créez librement, sans autocensure ?

J’essaie toujours de voir mon travail à travers les yeux d’un étranger. Ce n’est pas pour faire plaisir à quelqu’un, mais parce que je veux regarder une œuvre sans l’expérience et la connaissance que j’en ai déjà.

Votre travail est très coloré, est-ce un élément clé ?

Je ne pense pas qu’il y ait des mauvaises couleurs, ou une mauvaise association de couleurs. Je m’intéresse davantage à la quantité utilisée.

Et pour terminer, pensez-vous que l’art ait quoi que ce soit à voir avec le bon goût ?

Eh non !

 

Louise Bollecker

 

Thinking Hand à la galerie Franck Le Feuvre,
164 Rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris
Du 19 mai au 25 juin 2016
Ouvert du mardi au vendredi de 11h à 19h et le samedi de 13h30 à 19h
Entrée libre
Toiles entre 1 500 € et 15 000 €

 

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