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Gerard Petrus Fieret, une vie photographiée

Gerard Petrus Fieret, une vie photographiée

Le BAL présente la première exposition monographique du photographe néerlandais Gerard Petrus Fieret (1924-2009), hors de son pays natal. Ce ne serait pas un événement culturel si l’artiste n’était pas le génie qu’il vous est proposé de découvrir. Car, fait étonnant, à l’heure de l’archi information, Gerard Petrus Fieret n’est connu que d’une poignée de spécialistes et de collectionneurs.

En guise d’introduction, la première salle présente une dizaine de photographies et un documentaire de 1971 sur l’artiste, qu’un confortable canapé de velours invite à regarder. Il met en lumière un homme barbu, faune au regard malicieux, photographiant à tout va. Son atelier est un sous-sol crade d’un immeuble de La Haye dans lequel il vit aussi. Connu dans la ville pour vivre avec des pigeons et jouer de la flûte de pan dans la rue, Gerard Petrus Fieret est un artiste total, en marge des bien pensants, qui a fait œuvre sa vie. « Une vie intense, de passion – une passion saine pour la vie -, c’est cela dont [les photographies] parlent. »

Il photographie comme il respire. « Je veux tout embrasser. Il n’y a pas de photos ratées. » Toujours en noir et blanc : des femmes, des enfants, lui-même, des scènes de rue, puis des seins, des cuisses, des nuques, des modèles qui se dénudent joyeusement dans son atelier… Il joue de la fugacité et de la beauté de l’instant présent au moment de la prise de vue, – il est ce qu’il voit – puis d’expérimentations au moment du tirage (solarisation, réticulation, surimposition, double exposition, formats…). Et le travail n’est pas fini : ses clichés sont compulsivement signés, tamponnés, puis exposés délibérément aux accidents de la vie (poussière, griffures de chat, déjections de pigeon, morsures de souris, traces de pas…).

C’est dans cette œuvre étrange, subversive et fulgurante, que plonge littéralement le visiteur en descendant l’escalier pour découvrir le reste des 160 photographies exposées dans la deuxième salle. Une scénographie labyrinthique, jouant de cimaises savamment alambiquées, parsemée d’accrochages, en bas, en haut, dans un recoin, sur un pan accumulés… parfaitement à l’image du personnage. Génialement fou.

 

Anne Carpentier

 

 

Gerard Petrus Fieret, au BAL,
6 Impasse de la Défense, 75018 Paris.
Du 26 mai au 28 août 2016
Ouvert le mercredi de 12h à 21h, le jeudi de 12h à 22h, le vendredi de 12h à 20h, le samedi de 11h à 20h et le dimanche de 11h à 19h. Fermé lundi et mardi. 6 € l’entrée, gratuit pour les moins de 12 ans.
Crédits photographiques :
Sans titre © Gerard P. Fieret, 1965-1975. Gemeentemuseum Den Haag, Courtesy Estate of Gerard Petrus Fieret
Sans titre © Gerard P. Fieret, 1965-1975. Collection Leiden University Libraries, Courtesy Estate of Gerard Petrus Fieret
Photogramme extrait du film Gerard Fieret, fotograaf,1971 © Jacques Meijer
Vues de l’Exposition © Martin Argyroglo
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