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Saga Mercedes #2 : Heckflosse W111/112

Saga Mercedes #2 : Heckflosse W111/112

1959. Bill Mitchell sombre dans le kitsch le plus absolu et pare les Cadillac d’ailerons démesurés doublés de feux jumeaux en ogives, le tout saupoudré d’une dégoulinante couche de chromes.

La même année Mercedes-Benz cède aux sirènes de la mode, avec modération cependant. Les Heckflosse se parent d’attributs modestes qui, au fil des années, se transformeront en simples gimmicks, suivant ainsi la décroissance outre-Atlantique des appendices de style avec bien plus de rapidité qu’il ne leur en a fallu pour céder à la pression du marché américain.

Si les cabriolets sont les plus recherchés, au point d’avoir suscité des velléités de tronçonnage chez certains, le coupé occupe une place à part dans l’histoire de Mercedes, étant un des derniers modèles à disposer d’une finition artisanale pour ses déclinaisons les plus luxueuses. L’improbable mélange de la face avant d’une puritaine austérité avec un arrière aussi dévergondé qu’une bavaroise après seulement deux bières fonctionne exclusivement grace à la ligne de toit à la fois gracile et pleine de caractère. Cet élément est dû au styliste Paul Bracq, qui semble avoir un don pour les couvre-chefs, son oeuvre la plus connue étant la justement nommée Pagode. Si ces premières versions vous semblent trop guindées, jetez un oeil du coté des flachkühler.

Devant une telle beauté, ou plutôt un tel charme, tenter de se lancer dans un chapitre technique serait parfaitement superfétatoire. Disons que, comme souvent chez Mercedes, la gamme s’étend de la placide motorisation au groupe à la noblesse suffisante pour mouvoir cette sculpture à une vitesse en rapport avec son rang.

La W111 représente la fin d’une espèce, celle des dinosaures fabriqués à la main, contemporaine du concept C111 tentant d’ancrer Mercedes dans les seventies.

Encore une fois, s’il vous plaît, ne cédez pas systématiquement aux sirènes de la version cabriolet, votre banquier vous remerciera, et contentez-vous d’un simple coupé. Less is more, contentez-vous de jantes tole, délicieusement recouverte de l’enjoliveur à l’étoile. Tout le reste ne serait que baratin.

 

Arnaud Bulteau

 

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