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Lumières impériales au musée d’Orsay

Lumières impériales au musée d’Orsay

Loin de la sobre élégance appréciée de nos jours, le Second Empire s’expose tout en faste et en démesure au musée d’Orsay. Une relecture bienvenue de cette période riche et variée. 

« Il postulait depuis longtemps l’honneur d’être ruiné par elle, afin d’être parfaitement chic. » . Ces quelques lignes d’Emile Zola pourraient à elles seules résumer le paradoxe d’une société où règne la surenchère. Le musée d’Orsay nous fait pénétrer dans le monde excentrique du Second Empire : balayées, l’oppression, la censure, la misère ! Ici, la fête, les amours, le pouvoir et surtout les arts sont à l’honneur, sous la houlette de Napoléon III et d’Eugénie… Etonnante société narcissique qu’on découvre à travers ses portraits, ses personnalités marquantes, ses bals et son éclectisme.

La comédie du pouvoir se joue partout. Le style du Second Empire lui est intimement lié. Des grandes réalisations architecturales du Baron Haussmann ou de Charles Garnier aux portraits officiels de Winterhalter, les puissants s’exposent. La France, « la plus brillante et la plus dangereuse des nations »  éblouit à travers ses théâtres, ses palais et ses hôtels particuliers. Chaque inauguration est d’ailleurs prétexte à de foisonnants décors éphémères : arcs de triomphe, autels, dais envahissent Paris. Le fantasme du passé et de l’ailleurs atteint aussi à cette époque son paroxysme. L’éclectisme est roi : on mêle volontiers néogothique, style oriental et néo-Louis XVI -l’impératrice Eugénie voue un culte à la reine Marie-Antoinette. Au fil des salles, les intérieurs luxueux se dévoilent. Ce sont les intérieurs de Compiègne et des Tuileries, le château de Pierrefonds imaginé pour le couple impérial par Eugène Viollet-Le-Duc, mais aussi le château de Ferrières, écrin des collections du banquier Rothschild et la villa néo-pompéienne du Prince Napoléon, neveu de l’empereur, où il abrite ses amours avec la comédienne Rachel.

L’heure est à la fête : plus que jamais, les bijoux précieux, comme ceux de la maison Mellerio, s’exposent sur les plus jolies femmes en vue. La sulfureuse comtesse de Castiglione est immortalisée par Pierson dans chacun de ses costumes de bals, reine des cœurs, Anne Boleyn. Pauline Metternich prête ses airs mutins au peintre Gudin qui la représente en diablotine. L’impératrice devient odalisque le temps d’un soir, et on peut encore admirer l’éventail oriental richement orné qu’elle exhibait.

Winterhalter, Ingres, Gérôme ou encore Flandrin brossent les portraits emphatiques des grands personnages de l’époque. Eugène Lami croque les scènes de bals. Le Gray et Nadar immortalisent tout ce beau monde dans quelques tableaux vivants ; c’est aussi la naissance de la photosculpture. Mais la force de l’exposition réside sans doute dans sa salle principale, où tous ces artistes officiels voisinent avec les James Tissot, les Carolus-Duran, Degas, Manet, Courbet ou encore Cézanne, qui dérange avec son Achille Emperaire : ceux qui seront à l’origine de la révolution artistique sont déjà bien présents. D’esquisses en tableaux monumentaux, on arrive à l’apothéose des Salons et des Refusés : le Déjeuner sur l’herbe de Manet.

Clin d’œil au XXe siècle à venir, la rétrospective clôt ses portes sur les Expositions Universelles, véritable nerf de la guerre économique et politique entre nations. Ces immenses manifestations modernes, qui mobilisent les artisans du pays entier et rivalisent de luxe, annoncent l’importance de l’industrie. Tout le faste du Second Empire y est représenté. Avant de sortir, jetez un oeil au fauteuil Thonet, annonciateur, à l’époque, d’une ère nouvelle…

 

Elsa Cau
(Photographies : Sophie Boegly et Musée d’Orsay)

 

Spectaculaire Second Empire, 1852-1870
Musée d’Orsay,
62 rue de Lille
75007 Paris
27 septembre – 15 janvier 2017
De 9h30 à 18h sauf le lundi, nocturne le jeudi jusqu’à 21h45

 

 

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