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Japan Music Express : tour d'horizon des musiques japonaises

Japan Music Express : tour d’horizon des musiques japonaises

Kitsune…

Kitsune…

Watashi wa Megitsune

Qu’est-ce que c’est ? Les premières paroles d’une chanson japonaise traditionnelle, « katsura » (en français, « cerisiers en fleur ») que vous connaissez sans le savoir … puisque vous l’avez déjà entendu … là :

 

Un air de koto traditionnel, c’est peut-être tout ce que vous connaissez de la musique japonaise ! Le Japon exerce bien des fascinations, mais pas pour sa musique… A première vue, le pays n’échappe pas à la règle, niveau chanson populaire et de variété, c’est même plutôt pire qu’ailleurs… Et quand c’est mauvais, c’est très mauvais !

Actuellement le Japon est le lieu de la J-Pop, et la J-Pop ça fait mal à la tête. Telle qu’on la connait, ce sont des girls and boys bands, de la musique de jeux vidéo ou d’anime…. Et c’est mauvais ! Super speed, super souriant, super crétin, super saoulant… Si vous aimez ces sonorités similaires à notre eurodance locale, on ne sera pas forcément copains. Attention, préparez les bouchons d’oreilles et les sacs à vomi, on envoie la Kawaïerie. Au rang #17 du classement hebdomadaire des titres les plus populaires, je vous présente Namie Amuro, la « Céline Dion » japonaise. Quiconque est allé sur place récemment se souvient de cette chanson.

 

 

Cela étant, lorsque les Japonais ne se crèvent pas les tympans à grands coups de J-Pop, ce sont aussi des dingues de jazz. Le jazz est très populaire au Japon depuis l’ère Showa (le temps du règne du Hirohito, entre 1926 et 1989). Et je suis sûre que pas mal d’amateurs de jazz, parmi vous connaissent des talents tels que le saxophoniste Sadao Watanabe – le Charlie Parker japonais -, le guitariste Kazumi Watanabe (aucun lien de parenté) ou plus récemment le jeune pianiste compositeur Takashi Matsunaga.

Il arrive aussi qu’au Japon, on adore le métal et le hard rock. Le meilleur exemple étant Bo Ningen, ici en featuring avec la chanteuse de Savages.

 

Quelques groupes de J-Pop sont malgré tout assez sympa, si on supporte la soupe… la soupe, hélas oui, car si les chansons commencent souvent bien, elles tournent vite au tiède, voire à l’indigent. Voyez par vous même et essayez d’écouter « Oddloop » de Frédéric (à prononcer Flédéliku) en entier.

 

Tendez aussi l’oreille du côté d’Inoue Sonoko, jeune actrice/chanteuse/mannequin, non pas car la musique est bonne, mais pour le bruit caractéristique des cigales que tous les amoureux du Japon reconnaitront. Attention après ça, grosse déprime à prévoir.

 

Petit faible aussi pour la chanteuse Wednesday Campanella. Elle produit beaucoup mais c’est souvent bien, même si la tendance soupe refait régulièrement son apparition.

 

Ne passez pas non plus à côté de Daoko, et ses clips superproduits, même si au final, vous savez quoi, c’est aussi très mauvais.

 

Au Japon, en dehors du koto, de la J-Pop, du métal, il y a aussi et surtout la musique électronique, dont le précurseur reste Yellow Magic Orchestra, avec à sa tête, le magnétique Ryuichi Sakamoto que vous connaissez tous pour l’avoir vu jouer aux côtés de David Bowie dans « Furyo ». Yellow Magic Orchestra faisait essentiellement de la pop avant d’embrasser la mode new-wave et les synthétiseurs au début des années 80. Il est presque sûr que vous ayez entendu du Yellow Magic Orchestra quand vous étiez jeunes, tout petits, voire même pas nés pour certains, et surtout sans savoir que vous étiez (déjà) envahis par le Japon.

Yellow Magic Orchestra est un monument au Japon, en atteste la choré-hommage de Perfume, un des plus grands groupes de J-Pop, sur leur tube « La Femme Chinoise » (sic).

Quant à Ruyichi Sakamoto, il n’est pas seulement bon comédien, c’est aussi un merveilleux compositeur. On lui doit notamment la bande-son de « Furyo » et « Merry Christmas Mr. Lawrence », à écouter ici dans une magnifique version piano.

 

Un autre japonais féru d’électronique – et de jazz ! – que vous avez pu apercevoir hors du Japon, (avec le groupe Deee-Lite) est Towa Tei, dont « Technova », mélange brésilo-japonais en featuring avec Bebel Gilberto, est l’un des premiers hits à avoir passé les frontières de l’archipel.

 

Actuellement, la scène électronique japonaise est très active. Tout en haut du panier, on trouve des DJs et compositeurs comme Ken Ishii (le « Laurent Garnier » japonais) et Takkyu Ishino, compositeur de la bande originale du jeu vidéo tiré de Ghost in the Shell ou de morceaux plus percutants comme « Polynasia ». Accrochez-vous !

Plus récemment, So Inagawa s’est aussi fait remarquer avec un son élégant qui semble tout droit sorti d’une usine de Detroit.

Sans oublier DJ Nobu qui propose, lui, un son plus bourrin et énervé.

Ou bien Kuniyuki Takahashi, et des compositions plus contemplatives…

Et enfin Ryo Murakami, minimal dark qui a eu droit aux honneurs du festival Berlin Atonal.

 

La fenêtre vous est maintenant grande ouverte pour découvrir aux maximum cette vaste culture. Parfois sous influence occidentale, la « musique japonaise » n’en a pas moins conservé sa propre identité pour proposer un univers singulier et fascinant. Gardez donc à l’esprit que les scènes japonaises, dans tous les genres, recèlent finalement bon nombre de trésors. Encore faut-il prendre la peine de faire un peu le tri. Bonne écoute !

Nathalie Gastone 

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