Saletés de subprimes ! La salle est quasiment vide ce soir-là chez Wally le Saharien, en plein week-end, alors que le froid se fait cuisant au dehors et qu’il y a ici tout ce que l’on aime. C’est-à-dire de la chaleur avant tout. Dans ce décor de gourbi encombré qui respire l’authenticité des objets rapportés de lointaines contrées, baignées de sable et de soleil. Dans l’accueil, d’une gentillesse réjouissante, sobre et enveloppante. Et dans l’assiette bien sûr. Avec cette recette unique du Sud-Algérien qu’on ne trouve nulle part ailleurs à Paris, un couscous sec, entendez par là sans bouillon ni légumes. Mais avec une graine d’une finesse poudrée, délicatement beurrée et très subtilement aigre, et un morceau de méchoui à vous dévisser la langue (c’est de l’agneau de lait), fin et long comme une cuisse de gazelle, croquant sous la dent, lâchant généreusement ses sucs confits et s’abandonnant enfin en bouche avec une viande fondante et quasi-crémeuse. Du baume au cœur pour un samedi soir de pouvoir d’achat en berne.

Heureusement, Le Clézio a obtenu le Nobel. Tiens, je vais relire Désert.

 

Wally le Saharien
36, rue Rodier
75009 Paris
Téléphone : 01 42 85 51 90
Fermé le Dimanche et le Lundi
Menu Déjeuner 21 € (en semaine)
A la carte, comptez entre 20 € et 40 €
Couscous Saharien Wally : 23,50 €