Il règne sur l’été grec des Cyclades une immobilité bienveillante. On ne sait si le temps s’y est figé ou s’il y passe à l’extrème ralenti, ni même quand il se serait pétrifié dans un passé indéfini, mythologique. Presque imaginaire. Dans le bourdonnement strident, ondulant et hypnotique des grillons, sous les parfums sucrés des figuiers, au long des ruelles blanches dévorées d’une chaleur énorme ou sur la plage bordée de Tamaris aux troncs déformés, les jours disparaissent. On prend des bains de mer, on ferme les volets aux heures brûlantes de l’après-midi, on goûte les poissons et les poulpes grillés et on finit par oublier Paris au fil des lectures estivales. Comme un retour aux origines. A soi.

(Photos : Thierry Richard – Ile de Tinos)