C’est une cuisine à quatre mains qui se joue tous les jours à l’Atelier Rodier, petite adresse confidentielle brillant seule dans une rue peu fréquentée de SoPi. Aux commandes de ce petit bonheur de bouche, deux chefs donc, un colombien et un congolais, tous deux passés par les meilleures maisons (Robuchon, Guy Martin, Eric Fréchon, etc.) et ouvrant là leur première affaire. Il faut les voir en pas de deux dans la cuisine ouverte, assurant les compositions, affinant les harmonies et délivrant une cuisine néo-bourgeoise réjouissante de savoir-faire et d’inventivité.

Le pot au feu se fait au cochon (au lieu du bœuf) et foie gras, flanqué de légumes détaillés en petits dés, la blanquette de veau est servie accompagnée d’une crème de riz légère au lieu des grains habituels, l’émietté de tourteau se livre en cevice et les coquilles Saint Jacques se parent de houmos à l’huile de sésame et de pack-choï snacké. La fraîcheur est au rendez-vous, l’exécution est parfaite (cuissons d’une justesse incroyable), les assaisonnements subtils et l’on a envie de goûter tous les plats de la courte carte.

Dans la salle minuscule aux accents design où un grand mur de papier peint anglais argenté soigne le décor de son originalité vintage et où quelques photos d’art habillent les murs grattés, l’atmosphère est chaleureuse, rassemblant une compagnie gourmande toute heureuse de trouver ici un mini-gastro aux additions si bienveillantes (menu à 37 €, belles bouteilles à moins de 30 €).

Vous l’avez compris, il faut (très vite) aller à la rencontre de Santiago Torrijos et Destin Ekibat. Sans conteste mes chouchous du mois (au moins) !

 

Atelier Rodier
17 rue Rodier
75009 Paris
01 53 20 94 90
Fermé le dimanche et le lundi
Menu-carte à 37 €
Menu Dégustation (6 services) à 55 €
Réservation plus que conseillée