Disons-le tout net je n’étais pas d’une humeur très favorable à cette buvette récemment ouverte au coeur de SoPi, agacé par cette nouvelle mode des bistrotiers dans le vent de ne jamais accepter de réservations (c’est vrai quoi, pourquoi s’embêter à gérer des réservations ? le service au client ? mais il nous gonfle le client ! il pourra bien attendre au bar en sirotant quelques verres à 7 € en attendant gentiment qu’une table se libère…) Bref, un a-priori défavorable qu’un concours de circonstances et une pause imprévue dans le quartier m’ont amené à dépasser pour pousser la porte.

Décor désormais classique à la newyorkaise, plutôt joli en tonalités douces, avec son long bar et ses briques apparentes, ses assiettes empilées, les desserts sur le comptoir, les tables et chaises de récup (version école primaire) et les cageots de fruits jetés de ça et là (préférez tout de même les avant-postes, le fond de la salle jouant les grandes ténébreuses). Un grand tableau noir dessine la France et les vins de la carte : on reste dans l’analogie scolaire, c’est charmant. Large bémol : mieux vaut ne pas lever la tête pour éviter de croiser du regard un plafond argenté du plus mauvais goût (jugement tout à fait personnel, au Fooding, on trouve le décor « classe »…) Le service est sympathique, un peu distrait et pas franchement concerné dès qu’il se trouve de l’autre côté du comptoir.

Côté assiette, la formule de la buvette, c’est la dinette. Des plats version « tapas » servis sur des assiettes à dessert : le plus petit hachis parmentier de Paris, un mini croque-monsieur en deux parties, une brandade froide en bocal, des poireaux vinaigrette, des fenouils grillés, une salade de choux de Bruxelles et pecorino… Est-ce bon ? Le croque déborde de béchamel (faut aimer ça), la brandade trop fade est servie avec du pain grillé ET huilé, le roquefort est présenté en pot et monté au beurre, la mousse au chocolat (pourtant bonne) se couvre de crème fouettée : vous l’avez compris, la buvette ne fait pas dans la finesse. Une bonne surprise cependant, un crespeau (sorte d’omelette cuite au four) très bien cuit assorti d’une crème aigrelette et de deux tartines grillées (encore du pain…) tout à fait revigorant.

Au final une impression en demi-teinte de ces plats approximatifs, grossiers et un peu lourds, que la fraîcheur d’un petit vin de soif blanc (dont on ne connaîtra jamais l’origine) ne viendra pas nuancer. Bref, une petite table de grignotage, sans plus, qui ne vaut sans doute pas tout le battage bobo qu’on en fait.

 

Buvette
28 rue Henri-Monnier
75 009 Paris
01 44 63 41 71
Fermé de lundi
Pas de réservation
Plats de 5 € à 10 €
Vins au verre de 3,50 € (vin du jour) à 12 €