Deux syllabes. La première est une caresse de la langue sur le palais. La seconde vient mourir en un souffle sur les lèvres. Jovoy. Ce mantra, les perfumistas, ou perfume addicts, le chérissent depuis l’ouverture de l’enseigne en 2010. Auto-proclamée « ambassade des parfums rares à Paris » (on n’y trouve aucune marque de la « grande consommation » mais des productions limitées, conduites par des nez iconoclastes, sans actrices pour égéries ni campagnes d’affichage), elle fut d’abord, dans une autre vie, une maison de création née il y a tout juste 90 ans. Si la boutique située entre les Tuileries et la place Vendôme propose toujours quelques fragrances à son nom, celles-ci côtoient un portfolio de 83 marques pour 1200 références, de l’eau de toilette à l’extrait de parfum, en passant par la bougie haut de gamme.

Parmi les nouveautés d’automne, on retiendra l’arrivée de plusieurs maisons, comme Fueguia 1833, pilotée par le nez argentin Julian Bedel. Son pari : capturer le boisé dans toutes ses nuances. Le résultat est incroyable. Bedel a composé 50 jus différents à partir d’essences principalement issues des paysages de Patagonie. Seize d’entre eux sont désormais chez Jovoy, dont l’enivrant Biblioteca de Babel, convoquant le cèdre et l’acajou pour suggérer de vieilles étagères patinées garnies de volumes reliés de cuir… Ou encore Darwin, une évocation de la cabine du scientifique, mêlant cèdre, vetiver et pamplemousse. Un jus noble et vivifiant.

Pour sa part, le nez d’Histoires de Parfums, Gérald Ghislain, s’est intéressé aux multiples facettes d’Ernest Hemingway, journaliste, soldat, chasseur et écrivain. Son 1899 – Hemingway (120 ml, 145 €) associe l’exotisme et la distinction : il s’ouvre sur la fraîcheur de la bergamote d’Italie et du genévrier, et se prolonge sur la profondeur de l’ambre, de la vanille et du vetiver. Autre vanille, cette fois toute féminine, troublante voire assassine, tirant sur le caramel, Angelo di Fiume de chez Linari (100 ml, 150 €) révèle une sensualité redoutable et souligne le potentiel sexuel et faussement candide de cette épice.

Chez Arte Profumi, enfin, on se laissera envoûter par des parfums denses et impétueux tels Fumoir et Harem Soirée (100 ml, 225 €) dont les intitulés disent tout.

La bonne nouvelle, c’est qu’il sera possible dès le 1er novembre prochain de commander par Internet des échantillons king size (5 ml) de n’importe quelle fragrance de n’importe quelle marque (sauf extraits de parfum) grâce à la Box Jovoy. Elle a justement été conçue pour se donner le temps de la découverte. Le prix ? 25 euros. Démocratique.

 

Guillaume Tesson

 

P.S. : Envie de vous offrir le fantasme suprême ? Le site www.jovoyparis.com organise un concours jusqu’au 30 décembre, sur simple inscription. En jeu : une malle à parfums nomade signée T.T. Trunks contenant 141 matières premières, un cahier de formules, une balance électronique et tout ce qu’il faut pour créer vos propres fragrances.

 
Jovoy Paris
4, rue de Castiglione
01 40 20 06 19
Du lundi au samedi de 11 h à 19 h