On adorait la cuisine de Thierry Dufroux lorsqu’il animait les casseroles de notre planque années 30 au Bistrot Volnay. Son talent, peaufiné auparavant chez Guérard, Loiseau et Ducasse, s’exerce désormais de l’autre côté de la Seine, entre Champs de Mars et Invalides, au sein du Bistrot Belhara.

Enfin aux commandes de sa petite affaire, le chef a dressé ses tables dans un coquet bistrot de poche où l’on se retrouve au déjeuner pour tailler la route des appétits solides, la bonne humeur en bandoulière. Le soir s’y installe une atmosphère plus tendre, les nappes sont dépliées, les bougies sont allumées et les cravates dénouées y croisent les jupes crayon des beaux quartiers.

Le Bistrot Belhara possède tous les attributs du petit caboulot parisien comme on les aime, le décor aux accents familiers (bar, banquette de velours rouge, carreaux de ciment, menu à l’ardoise), le patron en cuisine à la bonne humeur communicative, le service de tabliers noirs à la connivence facile, ses ambiances de province bourgeoise, bien mise, sûre d’elle et sereine, savoureuse.

Côté cuisine, ça ne rigole pas. Il y a là, brodant autour du motif imposé de la cuisine bistrotière, une belle dose de talent et de générosité (« Planche de jambon des 3 fermes et boudin poêlé » servi en avalanche). Son « Petit pâté chaud rustique au canard et foie gras », en variation de gibier, est un incontournable qui ravira les amateurs, croquant, tiède comme le corps d’une belle endormie et tout aussi réconfortant et puissant.

Etonnant comme il existe des adresses où, la porte à peine poussée, on se sent bien. Ce bistrot est l’une d’entre elles. Ne passez pas à côté.

 

Bistrot Belhara
23, rue Duvivier
75007 Paris
01 45 51 41 77
Fermé dimanche et lundi
Menus à 22 € et 30 €
(la meilleure affaire de la Rive Gauche)