Culte et générateur de buzz avant que ces deux mots ne soient galvaudés, le calendrier Pirelli – The Cal’ pour les intimes – entretient depuis 50 ans un glamour glossy… et une certaine idée de l’exclusivité. Impossible, en effet, de se procurer ledit calendrier, offert aux grands clients de la maison Pirelli ainsi qu’à quelques happy few (en 1971, il fut même envoyé à la famille royale d’Angleterre et à des ministres).

Son histoire, à la manière d’un duel sur circuit, enchaine les virages bien négociés et une rivalité insoupçonnée entre Grande-Bretagne et Italie… Ainsi, c’est le portraitiste attitré des Beatles, Robert Freeman, qui fut chargé en 1964 du premier calendrier, à l’initiative de la filiale anglaise du label. Son histoire s’interrompt en 1974 pour une parenthèse de neuf ans – en raison du choc pétrolier et de la crise financière. Retour aux grands noms de la photo (Ritts, Leibovitz, Avedon, Lindbergh…) et aux icônes dénudées (Sophia Loren, Hillary Swank, Kate Moss, Cindy Crawford…) en 1984.

Rivalité, disions-nous ? En 1985, la maison mère italienne veut reprendre la main sur le plus célèbre calendrier du monde. Elle pilotera donc son propre projet, à la barbe des anglais ! Le photographe allemand Helmut Newton est sollicité. Même s’il n’a pu aller au bout des sessions, confiant la finalisation du projet à la styliste Manuela Pavesi, le résultat est là, d’une classe ultime et sensuel en diable. Las, c’est finalement le travail d’un autre ténor de l’argentique, Bert Stern (celui qui photographia Marilyn sous un voile…) qui sera retenu. Les italiens abandonnent leur projet. Le calendrier de Newton, celui de « l’année des deux calendriers », pieusement conservé, allait devenir culte.

C’est celui que Pirelli a décidé de publier pour ses 50 ans. 2014 sera donc en noir et blanc, d’un érotisme solaire, italien. Doux comme un retour à la maison.

 

Guillaume Tesson

http://www.pirellical.com/50years/