Volutes… Vous avez dit volutes ? Le choix d’un (ou de plusieurs !) cigares pour les fêtes relève souvent du parcours jonché de peaux de bananes. Si vous couvez déjà une collection de fumigènes – heureuse personne ! – ce billet ne vous sera peut-être pas d’un grand secours. Mais si vous débutez ou si votre stock est à marée basse, l’enjeu est tout autre et, par chance, Les Grands Ducs ont pensé à vous. Serez-vous seul(e) à déguster votre puro ? Partagerez-vous cette parenthèse privilégiée ? Entre les ayatollahs du « cubain sinon rien » en mode pilote automatique, les débutants qu’en bon gentleman vous vous devrez de prendre par la main et peut-être quelques indécis vous laissant carte blanche, il y a de quoi sentir la pression monter. Resserrée, volontairement partisane et 100% testée, la sélection de Noël des Grands Ducs est là pour vous aider. Feu à volonté !

 

HoyoHoyo de Monterrey Gran Epicure Epicure Edicion Limitada 2013 (Cuba) : 14,50€.

Chaque année, La Havane produit trois éditions limitées portant l’étendard de trois marques du catalogue cubain. Les formats sont inédits (on ne les trouve pas habituellement dans le portfolio de la marque en question) et 500 000 à un million d’unités sont roulées et baguées de l’année en cours, ce qui attise la curiosité des amateurs. Le choix des tabacs est en principe supérieur. On peut déguster immédiatement son achat, même s’il est recommandé, si on le peut, d’affiner quelques mois de plus en cave ses achats. Cette année, optez pour le Hoyo De Monterrey (vénérable label né en 1865), qui propose un Montesco – format un peu plus épais que le robusto – à la cape maduro soyeuse, aux arômes torréfiés et à la puissance maîtrisée.

 

SalomonesPartagas Salomones (Cuba) : 22,80€.

Vous pourriez évidemment opter pour l’ultra-classique Partagas Lusitanias, le double corona cher à Jacques Dutronc (il calait les concerts de sa tournée 1992 sur la durée de combustion de ce beau module, soit un peu plus de deux heures). Excellent choix au demeurant. L’alternative, c’est ce magnifique module, un figurado flamboyant, à la fumée généreuse et épicée (poivre, cannelle), relevée de notes de cuir et de terre. Sans faute assuré. Palais aguerri recommandé : l’engin est copieux.

 

TatuajeTatuaje Reserva (Nicaragua) : 12,60€.

Le Nicaragua, c’est un peu l’élève taiseux arrivé en cours d’année et qui rafle l’air de rien les prix d’excellence au nez et à la barbe de ses camarades. En une dizaine d’années, cet « autre pays du cigare » a pu compter sur un sol volcanique riche et lourd où s’épanouissent des tabacs choyés, notamment par des exilés cubains comme Don Pepin Garcia. Ce sexagénaire passé par les manufactures de La Havane est aujourd’hui l’homme fort du cigare local. Avec l’américain Pete Johnson, il a créé la marque Tatuaje, dont cette Reserva vaut le détour. Un cigare « à la cubaine », franc du collier, mêlant le cuir, la terre et le torréfié, à la progression aromatique remarquable.

 

San Lotano Oval 2San Lotano Oval Robusto (Nicaragua) : 9,60€.

Basé à Esteli, la capitale du cigare nicaraguayen, Abdel Fernandez a réalisé plusieurs marques pour d’autres (comme les Nicarao du belge Didier Houvenaghel) avant de développer ses propres cigares. Bien lui en a pris. Passé un démarrage tonitruant, son San Lotano Oval Robusto joue la carte de l’apaisement – tout est relatif – en croisant le café grillé, le cacao et le miel. Corsé et fin à la fois. Une belle découverte.

NavarreNavarre Porthos (France) : 11,90€.

Un cigare 100% français ? Soyez gentils, ne laissez même pas le temps à vos interlocuteurs de ricaner et expliquez-leur qu’avant même la naissance des manufactures cubaines, on cultivait le tabac chez nous, sous Catherine de Médicis. Et toc. Ceci étant fait, vous pouvez leur parler du Navarre, produit dans le Béarn, la patrie du plus grand poète français, Paul-Jean Toulet. Le passionné Thierry Frontère veille sur ses cultures et sur ses rouleuses – cubaines pour la plupart. La gamme, qui compte plusieurs modules, s’enorgueillit d’un Porthos (grand robusto) qui n’a rien à envier à d’autres terroirs. Préférant les arômes et la souplesse à la puissance, il saura combler la majorité des palais. Cocorico. Et bonnes fêtes à tous.

 

Guillaume Tesson