Existe-t-il marque automobile véhiculant plus de fantasmes qu’Aston Martin ? De la DB5 de Sean Connery endossant le costume blanc de James Bond à la DBS de Lord Brett Sinclair campé dans la série Amicalement Vôtre par le très distingué Roger Moore, les bolides raffinés de la marque anglaise peuplent nos rêves d’enfants et agitent nos désirs. Qui n’a jamais rêvé de glisser une clé de contact dans le démarreur d’une DB9, de la tourner délicatement et d’entendre rugir les 510 chevaux tapis sous son capot ? Qui n’a jamais rêvé de se garer négligemment au volant d’une DB6 Volante au bas de l’immeuble où vous attend la belle que, ce soir d’été, vous emmènerez dîner ? Le vocable « automobile de légende », très largement galvaudé de nos jours, semble avoir été taillé à la mesure d’Aston Martin.

C’est cette légende que notre ami Frédéric Brun, journaliste bien connu des lecteurs du magazine des Grands Ducs, se propose d’explorer en 240 pages de secrets, anthologies, anecdotes, rappels à l’ordre et réflexions perspicaces. Frédéric est un passionné. De vitesse, d’élégance et de Grande-Bretagne. Comment aurait-il pu passer à côté des bolides stylés de la firme anglaise, devenus aujourd’hui une part incontournable du patrimoine britannique ?

Le voici donc aux commandes de l’ouvrage qui, nous en sommes certains, fera date. Doté d’une plume aussi soignée que la calandre d’une Lagonda, il fait également preuve d’une connaissance encyclopédique de la marque. Histoire, style, compétitions, pilotes (ah ! Stirling Moss au volant de sa DBR1…), présence à l’écran, tous les aspects d’Aston Martin nous sont dévoilés avec force illustrations (une superbe iconographie l’accompagne dont nous vous dévoilons ci-après quelques exemples).

Alors que vous soyez aficionado de la marque ou simple amateur de superbes bolides, jetez-vous sur ce document incontournable où vous apprendrez, entre mille autres choses, que les fameuses initiales DB viennent de David Brown qui rachète la compagnie au bord de la faillite en 1947, qu’Aston est le nom d’une course automobile (Aston-Clinton pour être précis) dans laquelle s’illustra un des deux fondateurs de la marque, Lionel Martin, que les ailes du logo Aston Martin sont une évocation du dieu égyptien Khepri, de la famille d’Osiris, allégorie de la renaissance éternelle (symbole pas inutile pour une marque à l’histoire très mouvementée…), etc. etc.

Et comme une cerise sur le capot, les amateurs de littérature découvriront deux très belles pages sur Françoise Sagan se concluant par cette sentence que nous ferons nôtre : « la vitesse, c’est un élan du bonheur« .

Quand je vous disais que Frédéric Brun était passionné d’élégance…

 

Thierry Richard

 

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Aston Martin, un art de vivre
Frédéric Brun
Editions du Chêne E/P/A
240 pages – 35 €