« J’ai étalé mon premier insecte à 4 ans. Depuis, je n’ai jamais cessé ». Non, la marotte de Gregori Ferret n’est pas d’exterminer scarabées et autres papillons à coups de talon. Ce ne serait pas très Grand Duc. Au contraire, il leur offre la vie éternelle. Car « étaler », dans le jargon de l’entomologie, signifie donner la plus belle pose, naturaliser, patiemment, à l’aide d’épingles.

Il y a deux ans, ce passionné, déjà détenteur d’une collection personnelle de 15 000 pièces, ouvre Chardon, une galerie-boutique sur deux niveaux, face au Cirque d’Hiver. Il y propose insectes et animaux empaillés à une clientèle de collectionneurs, amateurs de curiosités et d’art contemporain. Attention : sa collection, que l’on peut consulter sur demande, n’est pas à vendre. Sa valeur est inestimable.

En revanche, on peut acquérir l’un des tableaux – à personnaliser – composés de plusieurs papillons colorés (de 95 à 400 €), ou bien un oiseau arc-en-ciel nommé Diamant de Gould (159 €), un duo de mygales (290 €), un petit crocodile du Siame (de 120 à 480 €), voire un agneau (690 €) pour le salon. Gregori prépare tous les insectes. N’étant pas taxidermiste de métier, il se fournit pour ce qui est poils, plumes et fourrures auprès d’artisans talentueux. Le tout dans le respect de la Convention de Washington.

Des vernissages ont lieu régulièrement pour mettre en avant les oeuvres d’artistes inspirés par les élytres et autres carapaces de ce monde du minuscule. Ceux qui resteraient sur leur faim peuvent repartir avec un « mix apéro » d’insectes comestibles, pour 7 €. Car Grégori Ferret cultive aussi un solide sens de l’humour.

 

Guillaume Tesson

 

Galerie Chardon
21 – 23 rue des Filles-du-Calvaire
75003 Paris.
Tél. : 01.42.74.58.10.
Du mardi au samedi de 10 h à 18h.
www.galerie-chardon.fr