Une partie de la collection de François Pinault s’installe dans l’ancienne prison de la Révolution.

 

Devenu, depuis les années 1990, l’un des plus grands mécènes d’art contemporain du monde, François Pinault a dû racheter le Palazzo Grassi et la Douane de Venise pour pouvoir exposer les œuvres qu’il accumule depuis des années. Cette fois, c’est le temps d’une exposition à la Conciergerie que l’on peut découvrir une poignée de pièces de la collection du Rennais, dont certaines n’avaient jamais été exposées au public.

Forcément, on retrouve des grands noms, du vidéaste Bill Viola au très médiatique Damien Hirst en passant par le photographe ukrainien Boris Mikhaïlov et son ironie mordante, mais aussi des artistes plus jeunes ou moins connus (mais qui ne devraient pas le rester longtemps vu l’intérêt que leur porte le milliardaire) comme Bertille Bak ou Raphaëlle Ricol.

Le thème de l’exposition, l’enfermement, aurait pu n’être qu’un prétexte pour exhiber quelques pièces de Pinault. Mais en élargissant leur spectre de l’enfermement physique à l’enfermement psychologique (jusqu’aux névroses qui nous dominent), les commissaires arrivent à rendre cohérent un ensemble hétéroclite, traversé par des œuvres prégnantes (les vidéos de Martha Marshall, les installations de Chen Zen), où l’humour, narquois, reste très présent (chez Sun Yuan & Peng Yu ou De Gruyter & Thys). Le décor gothique de la Conciergerie, ancienne prison tristement célèbre sous la Révolution, en parfaite osmose avec le sombre sujet, ajoute encore à l’atmosphère envoûtante de ce A triple tour.

 

Edgar Levison

 

Jusqu’au lundi 6 janvier 2014
La Conciergerie
2 boulevard du Palais
75001 Paris
Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h