1973. Valéry Giscard d’Estaing, alors Ministre de l’Économie et des Finances de Georges Pompidou, propose d’offrir au « bon goût français » un cigare digne de ce nom. La Société d’exploitation industrielle des tabacs et des allumettes (SEITA) initie sans tarder un partenariat à Cuba avec Cubatabaco. L’année suivante, les premiers Quai d’Orsay sont roulés à la manufacture Romeo y Julieta à La Havane. En réalité, la marque n’a rien à voir avec notre diplomatie – le siège social de la SEITA est tout simplement situé sur la même rive de la Seine que le Ministère des Affaires Étrangères – mais elle porte haut nos couleurs dans le monde du cigare, puisque c’est la seule marque française fabriquée à Cuba ! La gamme proposée aujourd’hui en civettes, bien mince, est néanmoins dominée par l’Imperiales, un churchill classique tout en rondeur et très recommandable.

Ces derniers temps, c’est sur le terrain des éditions limitées que Quai d’Orsay est parti dépoussiérer ses épaulettes. Avec succès. En 2011, la marque commercialise un convaincant Embajador (short robusto) en édition régionale réservée à la France. Pour ses quarante ans cette année, une nouvelle édition régionale voit le jour : le Belicoso Royal, que Les Grands Ducs ont pu déguster en avant-première. Un petit obus (sa « tête » est effilée) équilibré, punchy en fin de parcours, faisant la part belle aux arômes (amandes grillées, cuir, miel, notes de gibier sur le dernier tiers…). Il se déguste en 45 minutes à une heure. Seules 2 000 boîtes de 25 cigares seront disponibles (12,90 € l’unité / 322,50 € la boîte), « à partir du mois de février » dixit la SEITA  – peut-être un peu avant.

Soyez prêts à faire feu.

 

Guillaume Tesson