Comme tout Grand Duc normalement constitué, vous n’êtes pas insensible aux charmes évidents des roadsters en provenance de la perfide Albion. Cent fois vous vous êtes imaginé au volant d’une Austin-Healey ou d’une Jaguar XK120, fonçant à travers la campagne anglaise, bravant les éléments sous votre trench-coat et votre gapette en tweed. Mais ces autos, aussi exotiques soient-elles, peuvent rebuter le profane par leur manque de confort… et leur côte élevée. Heureusement pour vous, ce ne sont pas les alternatives qui manquent.

La plus évidente est présentée en 1962. Elle détone par la présence de fenêtres, d’un couvre-chef presque étanche, et même d’un chauffage en option ! Il s’agit bien évidement de la célèbre MGB. En plus d’offrir une once de confort bienvenue, elle jouit d’un dessin très réussi, et d’une base technique solide.

Pour beaucoup, elle est l’auto idéale pour commencer en collection. Roadster ou coupé (dessiné par Pininfarina, no less), quatre, six, ou huit cylindres, accastillage 60’s (roues à rayons, volant fin et délicats pare-chocs) ou typiquement 70’s (Purdey, dans The New Avengers !), il y en a pour tous les goûts. En outre, avec plus d’un demi-million d’exemplaires produits en dix-huit ans, vous trouverez sans mal l’élue de votre cœur… et toutes les pièces nécessaires pour parer à ses éventuels caprices !

Pour tout vous avouer, je me suis offert un délicieux flirt avec un des derniers exemplaires, le temps d’une année. Je n’ai jamais regretté cet achat, et ait été charmé par l’homogénéité, la polyvalence, et les charmes réels de l’auto. Alors, pourquoi pas vous ?

 

Adrien Malbosc

 

    Fiche technique    

Production : 1962-1980
Cylindrée : 1.798cc
Puissance : 95 ch

Côte cabriolet/roadster : de 5 000 à 10 000 € pour un des derniers exemplaires.
Environ le double pour un des premiers. Retirer environ 3 000 € pour un coupé.

Pourquoi ? Synthèse parfaite du style et de la philosophie britannique adaptée à l’automobile.

Pourquoi pas ? Très beaux exemplaires durs à trouver. Compromis idéal pour le profane, mais pouvant manquer de piment pour l’initié.

 

    Le saviez-vous ?    
  • Avant d’être détrônée par la Mazda MX5, la MGB était la « voiture de sport » la plus vendue au monde : plus de 500 000 exemplaires en 18 ans !
  • Pour répondre aux normes américaines dans les années 70, les ingénieurs auraient dû rehausser les pare-chocs : ils ont surtout rehaussé la voiture de 25 mn, lui donnant cette allure un peu gauche.
  • C’est une des premières autos à avoir une zone de déformation programmée en cas de choc.
  • Le coupé est l’oeuvre de Pininfarina, maison à laquelle on doit de très nombreuses Ferrari.
  • Une version 6 cylindres fut lancée en 1967 : beaucoup trop lourde avec son moteur en fonte, peu performante, elle sera un échec commercial.
  • Une version V8 fut lancée en 1973, reprenant rien moins que le moteur du… Range Rover ! L’ensemble faisait des étincelles, mais la crise du pétrole à eu raison de cette excellente auto.
  • Un des charmes de la MGB ? Son potentiel d’amélioration : freins, carburation, suspensions, des milliers de pièces existent, et souvent bon marché. L’ensemble, remarquablement robuste, supporte souvent très bien ces modifications.
  • Bien avant la mode « néo rétro », une version moderne de la MGB fut lancée en 1993 : superbement finie, remarquablement actualisée, développant près de 200 ch, elle fait aujourd’hui figure de collector. Sur les 2 000 exemplaires produits, 1 600 furent vendus au Japon !
  • Une version revue et corrigée par Aston Martin faillit voir le jour. Enlaidie par d’immenses pare-chocs en plastique et une finition au goût douteux, le projet ne fut jamais commercialisé.