Amilcar, Georges Irat, Vermorel, Hélicat, Arista ou Darl’mat: pour la troisième fois, Régis et Hélène Mathieu conjugent leurs passions et offrent en leur musée vauclusien, dédié aux lustres, une fantastique exposition de rares automobiles françaises, de 1910 à 1970. Lumières sur ces passionnés créateurs de bolides.

 

Comme l’automobile, la lumière fut longtemps l’apanage des riches et des puissants. Posséder un lustre permettait de s’affranchir du cycle naturel du jour, autorisant fêtes nocturnes ou lectures insomniaques. Bien calés dans des malles, les lustres accompagnaient les voyages ou les villégiatures des bien nantis détenteurs de lumière. L’électrification a sonné le glas du nomadisme et les lustres sont restés attachés aux plafonds. Mais, s’ils ne sont plus rares et éclairent tous les foyers, ils demeurent, par leur préciosité, leur ancienneté ou leur design, un signe intérieur de fortune ou de goût.

A la tête de la Lustrerie Mathieu, modeste entreprise familiale dont il a fait en deux décennies une référence mondiale, Régis Mathieu connait tous les secrets des lustres, qu’il collectionne par passion depuis de nombreuses années. Créateur, il continue d’en dessiner, même si son agenda est essentiellement occupé à recevoir les conservateurs des musées nationaux et des palais de la République pour la restauration de lustres historiques par les maîtres artisans de ses ateliers cachés dans un repli du Luberon. Versailles, l’Opéra de Paris, le Sénat, Windsor ou le Kremlin : la liste des clients est longue, et compte de grands esthètes discrets, des milliardaires flamboyants, ou la Reine d’Angleterre. Sans jamais négliger celles et ceux qui viennent le trouver, tel un médecin de famille, pour redonner une nouvelle jeunesse à un lustre domestique.

Avec son épouse, Hélène, il trouve néanmoins le temps de faire partager sa culture et son enthousiasme pour ce fascinant sujet dans son musée personnel de Gargas, désormais accessible aux visiteurs sur rendez-vous, ou au travers d’un très bel ouvrage, à la fois livre d’art et d’histoire, qui se lit comme un roman: « Lumières, une brève histoire du lustre » (Editions Le Passage/Mathieu Museum).

Même s’il vient d’ouvrir une galerie parisienne, au coin de la place Beauvau, Regis Mathieu cultive ses racines et protège des savoir-faire traditionnels d’exception. Un retour aux sources qui sert aussi de ligne directrice à l’exposition temporaire « Lumière sur ces passionnés créateurs de bolides« , consacrée à plus d’un demi-siècle de créativité française et rappelant opportunément que l’automobile, accessoire de la locomotion et de la liberté, fut inventée dans notre pays par quelques passionnés, ingénieurs géniaux, sportifs intrépides, pilotes aventureux. La grande histoire a surtout retenu les noms de Gabriel Voisin, Louis Delâge, André Citroën, Louis Renault, Jean Daninos, ou Jean Rédélé. Mais il y eut aussi tous ces valeureux inventeurs, dont certains proches de nous comme Louis Rosier ou Philippe Charbonneaux concepteur, avec le pilote Jean-Pierre Wimille, de l’extravagante voiture exceptionnellement présentée au Mathieu Museum, et dont seulement quatre exemplaires furent produits.

« Nous avons réunis 15 des automobiles françaises les plus rares, les plus uniques ; fruit du génie et de la passion d’hommes tels que : Victor Vermorel, Cyrille Cottin et Pierre Desgouttes, Georges Irat, Jean-Pierre Wimille, Maurice et Georges Sizaire, Louis Naudin, Germain Lambert, Louis Rosier, Jacques Durand … Illuminées par des lustres qui ont révolutionné notre manière de nous éclairer, à huile, à gaz, à bougies, à électricité. » précise avec gourmandise Régis Mathieu, lui-même passionné d’autos et collectionneur avisé de sportives.

Ouverte de 17h à 22h, jusqu’au 19 janvier 2014, l’exposition se visite de nuit, à la lumière des lustres de la collection de Régis et Hélène Mathieu, bien sûr.

 

Frédéric Brun

 

Mathieu Museum
Hameau des Sauvans
84400 Gargas
Tél. 04 90 74 92 40
www.mathieulustrerie.com