Et si le musée, à force d’être considéré comme un temple de la connaissance, était devenu sclérosé ? Et si, à force de se renfermer sur lui-même, le monde de l’art (et particulièrement celui de l’art contemporain) était devenu trop élitiste, trop hermétique ? Force est de constater que l’on sillonne rarement une exposition comme on irait à un concert ou comme on lirait un roman, en se laissant porter, simplement, par notre regard et nos sensations.

Pour renouer avec cette spontanéité, la Maison Rouge a imaginé un parcours libéré de toute pédagogie. La collection foisonnante de l’Australien David Walsh et celle du musée de Tazmanie se mélangent sans a priori : Damien Hirst, Kandinsky, Giacometti, les frères Chapman, Picabia ou Bellmer se retrouvent soudain à côté d’étoffes néo-zélandaises, de sarcophages égyptiens, de poissons rouges, de cercueils ghanéens ou de coquillages nacrés, un peu à la manière des expositions surréalistes de l’entre-deux-guerres.

Libéré des traditionnels cartels, juste guidé par ses envies, le visiteur explore quinze salles éclectiques et foisonnantes, organisées avec le seul souci d’émerveiller. Un Théâtre du monde magnifiquement mis en scène pour que les œuvres se répondent, et que, débarrassées de la chronologie et des hiérarchies qui prévalent habituellement dans ce genre d’exposition, elles puissent dialoguer entre elles, et rayonner.

 

Edgar Levison

 

Jusqu’au 12 janvier à la Maison Rouge
10 boulevard de la Bastille
75012 Paris
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h
De 5,50 à 8 €
http://www.lamaisonrouge.org/