Née de l’enrichissement de l’exposition Les musiques noires dans le monde présentée à Dakar, Saint-Denis de la Réunion et Johannesburg, Great Black Music pose ses bagages à Paris jusqu’au 24 août. Première bonne nouvelle : c’est la Cité de la Musique qui, après Musique et Cinéma, le mariage du siècle ? et Europunk : une révolution culturelle (1976 – 1980), mettra à l’honneur la musique noire durant les prochaines semaines.

Toujours aussi créatif et malin lorsqu’il s’agit de créer des manifestations prenant la tournure d’une véritable expérience pour le visiteur, le temple des expositions musicales majeures ne déroge pas à SA règle en signant une nouvelle partition rondement scénographiée. A peine le temps de déposer sa veste au vestiaire que le smartguide est déjà en main et le casque bien fixé sur les oreilles. Il est alors temps de se laisser porter (vous débrieferez à la fin si vous êtes venu avec vos acolytes).

De l’influence musicale des continents africains et américains aux portraits de certaines figures charismatiques, en passant par les rites sacrés ou des « rencontres » avec des instruments méconnus comme la harpe-luth de Gambie, Great Black Music immortalise l’empreinte de la musique noire sur l’histoire avec un grand H. On y apprend comment, après la création de l’Etat libre et associé de Porto Rico en 1952 et des grandes sorties migratoires qu’elle a déclenché, le quartier de Spanish Harlem à New York est devenu un des bastions de la salsa. On y croise des légendes engagées comme Bob Marley qui, un soir d’avril 78 à Kingston, joignit les mains de Michael Manley et Edward Seaga, les frères ennemis du paysage politique d’une Jamaïque alors en pleine guerre civile. On y bénit l’insistance de Marvin Gaye pour faire sortir What’s goin on des studios, alors que Berry Gordy, le patron de Motown, jugeait le titre trop engagé politiquement (le prince de la soul y abordait la guerre du Viêt Nam. L’album éponyme, qui traite également de drogue et de pauvreté, sera acclamé par la critique, et marquera un tournant du genre).

L’expérience se conclue ludiquement par quelques pas de danse que l’on peut ensuite visionner. Une façon plutôt drôle pour lancer la soirée pour ceux qui auront choisi de visiter l’exposition en nocturne (un bon plan pour éviter la foule).

 

Damien Guillou

 

 Notre playlist de l’expo, morceaux choisis de musique noire.

 
Great Black Music
Jusqu’au 24 août 2014 à la Cité de la Musique
221 avenue Jean Jaurès
75 019 Paris
Du mardi au jeudi de 12h à 18h
Nocturne les vendredis et samedis jusqu’à 22h
Dimanche de 10h à 18h.
Entrée : 9 euros (voire un peu moins dans certaines conditions).
L’ouvrage de l’exposition est également disponible ici pour 38 euros.