La boutique, cosy, a étrenné ses ors il y a tout juste un an. Tapisseries, vitrines chinées, tapis et parquet… Un charme délicieusement rétro doublé d’une mise résolument moderne (l’accueil, le choix limité mais soigné d’accessoires). Pas illogique, quand on sait que la marque, disparue au milieu des années 1930, ressuscitée il y a quatre ans par Franck Belaiche et Hugo Lambert, est née… En 1720 !

Louis XV compta parmi les premiers clients. La maison excella dans la création de jus pointus, le plus souvent « ni féminins, ni masculins, ni mixtes », rappelle Hugo, qui conseille d’oublier l’ennuyeuse classification par sexe. Des fragrances rééditées aujourd’hui (sept pour le moment, presque autant à venir), d’après les précieuses formules d’époque.

L’élégant d’aujourd’hui pourrait bien tomber en amour pour l’Oeillet Louis XV (1909) poudré et poivré, vif et noble, ou pour l’accord tabac blond et cuir moelleux de la fragrance Horizon, créée pour l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs en 1925. L’attrait de l’univers Oriza L. Legrand réside aussi (surtout ?) dans ses fragrances mystérieuses, voire mystiques. Les notes profondes d’encens, de muscs et de cuir de Rêve d’Ossian (1900) drapent celui qui le porte d’un charme noir et mélancolique. Relique d’Amour (1900) nous transporte quant à lui dans une sacristie humide embaumée par la myrrhe, l’encens et le lys ! Troublant…

Demandez aussi à humer Chypre Mousse. Humus, écorce d’arbre, herbe humide… Un concentré de sous-bois en automne, vert, organique et cinglant de vigueur. Impressionnant de modernité pour un jus créé en 1914 ! À venir dans les mois qui viennent : Royal Oeillet (version plus poudrée de l’Oeillet Louis XV), Muguet Fleuri, Marions-nous (un floral aldéhydé porté par le tabac blond), Violette du Czar (une violette très masculine, très cuirée), un Vetiver Royal Bourbon (camphré, presque fumé, nous avons adoré) et un Cuir de Russie. Savons, soins, bougies parfumées… La gamme s’étoffe progressivement au fil des découvertes et des recherches sur l’histoire de la maison.

Et ne manquez pas de jeter un oeil aux noeuds papillons confectionnés à partir de cravates vintage par l’atelier Des biches et des cerfs en plein Paris, aux mi-bas La chaussette française et aux mouchoirs et pochettes de la maison Simonnot-Godard. Autant de signes de bon goût reliant les élégants d’hier à ceux d’aujourd’hui. Mais là-dessus, nous reviendrons.

 

Guillaume Tesson
(Photos Guillaume Tesson et Juliette Ranck)

 

Oriza L. Legrand Parfums
18, rue Saint-Augustin
75002 Paris
Tél. : 01 71 93 02 34
M° Opéra ou 4-Septembre
Du lundi au vendredi de 10 h à 19 h 30.
Le samedi de 13 h à 19 h 30.
Parfums : 120 € / 100 ml
Savons : 10 € pièce
www.orizaparfums.com