La mini est une auto exceptionnelle, que sa très large diffusion a rendu presque banale. « L’habitude ! Aménageuse habile », affirmait d’ailleurs Proust dans les premières pages de du côté de chez Swann. Si vous êtes résolument convaincu des qualités intrinsèques de cette petite auto, mais que vous souhaitez vous démarquer, nous avons la solution…

Présentée en 1961, la Wolseley Hornet est la variante snob de l’Austin originelle. Reposant sur la plateforme du break, elle se démarque essentiellement par une calandre un rien pompeuse et la présence d’une malle arrière, avec de discrets ailerons.

Extrêmement rare en France, l’exemplaire essayé nous a gracieusement été prêté par la maison Chapal, lors de la traversée de Paris. La délicieuse teinte vert pâle se marie élégamment avec le toit blanc et la sellerie d’un vert plus soutenu. De généreuses touches de chrome achèvent de rendre l’auto tout à fait sympathique.

Un soin particulier a été apporté à l’intérieur : cuir, bois, fauteuils confortables… Il n’en faut guère plus pour s’imaginer dans une Jaguar en réduction. De plus, ce frelon regorge de petits détails touchants, comme le sigle « Wolseley » lumineux. Le comodo est nanti d’une petite lumière verte qui scintille lorsque le clignotant est enclenché. Comble du luxe, les sièges sont garnis de quatre rangées de ressorts, contre trois seulement pour ses cousines moins richement dotées !

Nonobstant l’empattement allongé, l’auto fait merveille dans les petites rues sinueuses de Montmartre. L’agilité et la vivacité typiques de la Mini sont bien là, mais avec un soupçon de confort et d’exotisme bienvenus.

Moyennant un peu de patience, et cinq à huit mille euros en France, vous serez certain d’attirer la sympathie des passants.  Avec, en prime, cet inestimable soupçon d’extravagance dont nos amis britanniques ont le secret…

 

Adrien Malbosc

 

    Le saviez-vous ?    
– Sur la Mini originelle, 80 % de la voiture était occupée par l’habitacle et le coffre ! Une donnée encore augmentée sur la Wolseley, avec sa malle arrière.
– Sa sœur jumelle, la Riley Elf, n’avait pas droit au sigle lumineux sur la calandre. Elle compensait cette absence par une très belle planche de bord en bois massif.
– L’auto étant surtout destinée à un usage urbain, une boite automatique fut rapidement proposée en option.
– Cette auto est très représentative du désordre régnant au sein de Birtish Leyland à l’époque, qui ne savait quoi faire avec certaines marques : après cette « mini à coffre » hâtivement rajoutée à la gamme, Riley et Wolseley disparaîtront en 1969.
– De 1961 à 1969, il se vendra 30.912 Riley Elf et 28.455 Wolseley Hornet. Un succès globalement timide. Sur la même période, presque 1.500.000 mini « classiques » avaient trouvé preneur !