Anatole Lebreton – ce n’est pas son vrai nom – n’a pas de visage. Aucune chance de voir ses parfums en boutique : il n’est référencé nulle part. Avant de se procurer l’un des rares flacons de ses créations olfactives, on sollicite un ou plusieurs échantillons par mail. Et on attend…

On attend la déjà culte Eau Scandaleuse, qui ose le mariage borderline de la tubéreuse et du cuir. Un jus violemment féminin, vénéneux en diable. La légende ne dit-elle pas qu’on interdisait aux jeunes filles de la Renaissance italienne l’accès aux jardins de tubéreuses, et à leur odeur étourdissante et érotique ? Cet hommage à la parfumerie des années 40-50, dérangeante réussite, fleure l’après-nuit clandestine…

Plus sage, printanière, l’Eau de Merzhin ressuscite la lande bretonne. Herbe coupée et foin sont ici liés par l’iris. Les matières premières sont composées à 70% de naturels, autant dire que le parfum s’exprime en 3D, comme le sillage de Bois Lumière, dernière création en date, et son accord miel, immortelle et genevrier. Un parfum de peau « un peu cuit par le soleil, très intime ».

Autodidacte – il est spécialiste du thé – Lebreton, dont aucune photo ne circule, a commencé à manipuler les essences il y a trois ans avant de lancer, de manière artisanale et secrète, ses propres fragrances. Détail révélateur : des pros comme Vero Kern l’ont déjà adoubé.

Conseil de Grand Duc : ne passez pas à côté des épopées olfactives – et rarissimes – de ce conteur surdoué.

 

Guillaume Tesson

 

Eau de Merzhin, Eau scandaleuse, Bois lumière : 76 € le flacon de 50 ml.
Contact : anatole.lebreton@gmail.com
Site de e-commerce en préparation.
http://civetteauboisdormant.blogspot.fr/