A veille de la grande guerre, les recherches conduites par Oskar Barnack, alors ingénieur pour la fabrique allemande d’optique Ernst Leitz, sont sur le point d’aboutir à une création révolutionnaire.

Barnack, asthmatique et de santé fragile, réfléchit à un moyen de s’affranchir des encombrantes et lourdes chambres photographiques « grand format » qui rendent pénible sa pratique amateur. Il va alors concevoir un petit appareil qui expose des images fixes sur du film cinématographique. En 1925, après de nombreux prototypes, est commercialisé le premier LEICA, de la contraction de Leitz-Camera. La photographie « petit format » 24×36 était née.

Si les évolutions techniques seront nombreuses, le Leica reste philosophiquement très proche des prototypes imaginés il y a un siècle. Une forme simple, quasiment inchangée, en adéquation parfaite avec sa fonction, devenue au fil du temps une véritable icône.
Aujourd’hui, avec sa dernière déclinaison du M numérique (le M type 240) Leica a refait son retard, n’ayant pas cru au départ à cette technologie. Ce qui n’empêche pas la marque de maintenir à son catalogue des M argentiques.

Au fil du temps les photographes se sont emparés de cette possibilité de travailler en mouvement, au plus près du sujet, rapidement et en toute discrétion. Et ont inventé grâce à lui le photoreportage moderne.

Aucun doute, un Leica n’est pas un appareil photo comme les autres : il recèle une valeur mythique que son propriétaire partage avec les plus grands photographes. Détenteur d’une histoire exceptionnelle, il est également objet de passion et de collection. Mais c’est avant tout un outil de travail, un appareil ensorcelant entre l’œil et la main, dont on ne voudrait jamais se séparer.

 

Jean-François Maccario 

 

 

 

Pour photographier Leica M aujourd’hui, deux chemins d’offrent à vous :
Vous êtes un esthete iconoclaste un rien branché, l’image numérique vous laisse froid :
Bonne nouvelle, le film photo n’est pas mort !
  • Le Leica M3 : En 1954 Leica commercialise  M3, M pour Messersucher, littéralement viseur mesureur. Premier des Leica modernes, il offre outre son charme vintage, un magnifique viseur. (cote 700-1200 euros)
  • Le Leica M6 : né il y a trente ans, le M6 synthétise alors l’esprit Leica. Il dote le légendaire boiter M d’un élément de mesure de la lumière (cote 900-1400 euros). Inutile de lui préférer un de ses successeurs, qui n’apporteront que mineures évolutions, à moins de vouloir un boitier neuf, ou encore de préférer s’en configurer un « à la carte ».
Vous êtes lassé de votre reflex numérique à remplacer tous les 6 mois :
Bonne nouvelle, Leica construit ses numériques comme ses argentiques.
  • D’occasion : le Leica M8.2 : Avec sa cote désormais abordable, entre 1400 et 1800 euros, il offre un point d’entrée idéal au Leica M numérique.
  • En Neuf : le Leica M type 240 ou le ultra-snob MM, captant uniquement des images en noir et blanc. Sans compromis, tout comme le prix.
Vous ne vous sentez toujours pas l’âme d’un photographe ? Alors précipitez vous au Centre Pompidou à Paris pour profiter de l’exposition Henri Cartier-Bresson (jusqu’au 9 juin) et voir des photographies faites au Leica…