Cecily Brown aime jouer à cache-cache. Exposées pour la première fois en France, à la galerie Gagosian, ses grandes toiles ne se laissent pas appréhender immédiatement. Il faut de la patience, de la concentration et une once d’imagination pour percevoir progressivement les formes qui habitent ses tableaux. Ce qui touche d’abord, c’est la couleur. Une profusion de teintes brillantes, pétillantes, charnues, souvent dominées par un vert frais ou un rose tendre, qui recouvrent la toile, virevoltantes et insaisissables. L’Anglaise de 45 ans qui vit et travaille à New York construit ses œuvres pour intriguer ceux qui s’y frottent et les obliger à se plonger pleinement dans les méandres de ses compositions.

Et plus l’on s’y plonge, plus l’on découvre un monde ludique et doucement ironique. Visiblement marquée par James Ensor ou Francis Bacon, Cecily Brown s’amuse à reprendre Degas ou affuble ses toiles de titres mystérieux tirés de paroles de chansons ou de titres d’articles de presse. Personnage principal de ses peintures, le corps humain en prend lui aussi pour son grade, tantôt déliquescent, tantôt capiteux ; tantôt sensuel, tantôt morcelé à la manière d’une pièce de boucherie. Comme le résume l’artiste : « Ce qui est juste aperçu semble plus réel que ce qui est pleinement décrit. »

 

Edgar Levison

 

Cecily Brown à la galerie Gagosian
4, rue Ponthieu
75008 Paris
Ouvert du mardi du samedi de 11h à 19h
Entrée libre
Jusqu’au samedi 20 décembre
 
Photos : © Galerie Gagosian