Difficile d’imaginer la star que fut, de son vivant, Le Pérugin. Du roi de France aux monarques espagnols, en passant par le pape qui le convia à réaliser une partie des décors de la chapelle Sixtine, Pietro Vannucci fut l’un des plus grands peintres de son époque, acclamé, réclamé, admiré. Malheureusement pour lui, sa postérité se vit éclipsée par celui qui fut, peut-être, son élève (les spécialistes en doutent encore), du moins son héritier : Raphaël. Du coup, aujourd’hui encore, le nom de Raphaël s’étale en haut de l’affiche du musée Jacquemart-André.

Réunissant une cinquantaine de peintures, l’exposition rend justice au Pérugin, pilier de la Renaissance italienne qui sut notamment s’approprier les styles florentins et vénitiens pour composer son propre art, servi par une technique hors pair. Avec ses jeux d’ombre et de lumière, ses superpositions de couleurs qui donnent à ses pigments un éclat renversant ou son travail sur les arrière-plans, Le Pérugin impose son style délicat, qui atteint son paroxysme dans ces portraits sidérants dans lesquels transparaît la psychologie de ses sujets. Même quand il se cantonne à des thèmes religieux répétitifs (la vierge et l’enfant et compagnie), on ne peut que rester coi face à la magnificence de son coup de pinceau.

Dix œuvres de Raphaël complètent le parcours, pour se faire son propre avis sur l’influence qu’eut Le Pérugin sur le petit génie de la Renaissance. Elle permettent surtout de constater que Pietro de Pérouse tient la comparaison avec son prestigieux successeur, et qu’un jour, peut-être, il réussira même à avoir son nom, seul, sur l’affiche d’une exposition…

 

Edgar Levison

 

« Le Pérugin, maître de Raphaël », au musée Jacquemart-André,
158, boulevard Haussmann,
75008 Paris
Ouvert tous les jours de 10h à 18h, nocturne les lundis et samedis jusqu’à 20h30. Jusqu’au 19 janvier.
De 10 à 12€.