Attention. Les lignes qui suivent peuvent vous exaspérer. Vous voici prévenus, à présent allons-y gaiement !

L’hyper-connexion commencerait à en lasser certains. Se surprendre un matin, les yeux encore collés de fatigue mais déjà rivés sur Facebook à espérer un like nocturne couronnant ce selfie de fin de soirée, une scène bientôt en voie de disparition ? Pourtant, un Français sur trois s’endort et se réveille encore l’outil à la main…

Nos cousins d’Amérique eux parlent de « digital detox » depuis un moment déjà. Rien de surprenant finalement. Toujours en avance sur les autres, ils ont eu le temps d’expérimenter cette fatigue digitale alors que nous barbotions allègrement dans ce nouveau continuum espace-temps fait de sérendipité, d’états d’âme et de lolcats.

C’est alors qu’au milieu d’un marketing très martial, redresseur de torts et surtout de toxicos digitaux, dans des camps, est apparu l’objet non-connecté le plus rebelle de ces derniers mois : BranchOut !

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« Branch Out is a new social movement that encourages REAL world interaction with REAL people. »

Plus qu’un bracelet, un mouvement. Un acte de résistance, une révolte, mieux, une révolution ! L’arme de la contestation, ce modeste bracelet fait main, symbolise à elle seule le bras d’honneur lancé à la figure des grands industriels qui déversent sur nous leurs technologies raffinées dans le but de nous maintenir encore plus captifs.

Et vlan ! Ce petit lacet de cuir claque, signe de reconnaissance pour une œillade complice dans la rue, ou prétexte pour une discussion improvisée au parc. Let’s bring social back to the real world… Mais notre Sun Tzu low-tech a si bien étudié l’ennemi qu’il en a habilement adopté les réflexes.

Un e-mail hebdomadaire pour inciter à parler à son voisin de bus ou à demander l’heure à un passant, un dashboard en ligne pour collectionner les médailles jalonnant votre progression comme à l’époque de ce bon vieux Foursquare, l’espoir de gagner quelques avantages (« perks ») probablement sponsorisés par des marques partenaires de défis parmi les plus audacieux (comme de rentrer – au hasard – dans mon magasin pour dire bonjour à la vendeuse et lui acheter une boîte de petits pois…)… Ou comment combattre le connecté en étant connecté !

 

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Bref, un vrai coach-mar dans votre quête de bonheur déconnecté. Car payer – même 5$ (hors frais d’expédition) – une aide à base de newsletters et de dashboards en ligne pour faire de vous un être libre de toute addiction technologique… « J’critique pas le côté farce. Mais pour le fair-play, y’aurait quand même à dire« …En bref, si vous rêviez d’une vraie solution pour décrocher de vos habitudes hypnotisantes, vous avez le droit de me troller sur votre hashtag favori.

Mais de vous à moi, dandys anti-techno, regardez votre société avec un peu plus de diligence, car réfuter que sa transformation digitale apporte au moins autant qu’elle émousse serait d’un mauvais goût qui ne vous ressemble pas. Et vous, camarades connectés, ne tombez pas dans le panneau du no-life. Accrochez ce que vous voulez à votre poignet, mais levez le nez, observez, respirez. Il y a tant de choses que l’on peut encore aimer sans devoir les liker.

 

Cyrille Chaudoit

 

Vous pouvez découvrir Branch Out Movement sur leur site.