Victoires sans grande saveur, défaites aigres et jeu en berne : le XV de France vit un Tournoi des VI Nations plus que morose. À la veille d’une ultime rencontre face au meilleur ennemi anglais (qui accueillera la prochaine Coupe du Monde cet automne), les hommes de Philippe Saint-André n’ont pas vraiment le moral. Le spleen est contagieux, et les supporters bleus pleurent eux aussi l’absence d’un panache qui a pourtant contribué à créer l’identité (et la légende) d’une équipe dont certains coups d’éclat ont marqué à jamais la planète ovale. D’inspirations géniales en chevauchées aussi fantastiques qu’imprévisibles, retour sur cinq des plus grands moments du rugby « à la française ».

 

1/ L’essai du bout du monde

En tournée en Nouvelle-Zélande durant l’été 94, les français se voient promettre l’enfer par des Blacks dont les dents rayent le gazon après une première défaite quelques jours plus tôt. Menés 20-16 à trois minutes du terme, Philippe Saint-André récupère un ballon dans ses 22 mètres et lance l’assaut final. La suite n’est qu’une poésie dont Jean-Luc Sadourny ponctue le dernier vers.

 

2/ Entre légendes

Cette fois-ci, l’actuel sélectionneur des Bleus est à la finition d’un essai dont les joueurs sont au panthéon du rugby bleu-blanc-rouge. Pierre Berbizier, Serge Blanco, Jean-Baptiste Lafond, Didier Camberabero (ces deux coups de pattes à suivre, quel régal !), Philippe Sella… et Philippe Saint-André donc, pour quatre points qui n’empêcheront pas le XV de le rose de remporter le match décisif (et de soulever le trophée) du Tournoi des V Nations en 1991.

 

3/ Le solo de Blanco

24 juin 1990. Après une première défaite 15 jours plus tôt (21-9), les français subissent à nouveau la loi australienne lors d’un test-match qui sent la poudre. Mais plus que la nouvelle victoire des Wallabies, les spectateurs présents au Ballymore Stadium ce jour-là retiendront surtout la chevauchée de Serge Blanco. 15 secondes d’enjambées folles, d’un embut à l’autre. Seul au monde (en bonus dans cette vidéo, la définition du french flair par Serge Blanco lui-même).

 

4/ Les prémices d’un exploit

Le stade de Twickenham vibrant pour les français demeure un fait rare. Christophe Dominici a pourtant fait exploser l’antre du rugby anglais un jour d’octobre 99. À l’occasion d’une demi-finale de coupe du monde totalement folle face à des All Blacks archi favoris et emmenés par un Jonah Lomu dévastateur, le ¾ aile de poche se faufile pour récupérer le coup de pied bien senti de Fabien Galthié. Un instinct filou pour un exploit retentissant (la France l’emportera 43-31).

 

5/ Face au Haka, le V de la victoire

Il serait presque réducteur de ne parler que d’essai(s) pour aborder le french flair. Ce 23 octobre 2011 en est la preuve. Main dans la main, avançant au rythme d’un haka presque relégué au second degré, Thierry Dussautoir et ses coéquipiers défient les néo-zélandais lors d’un avant match qui fait encore frissonner d’émotion.

Damien Guillou