Il suffit de demander conseil pour l’achat d’un coupé ou d’un cabriolet ancien, à un novice ou à un expert, pour que la réponse soit « achète une MG B ! » Non que ce conseil soit mauvais en soi, il est cependant plus souvent le résultat d’un choix par défaut plutôt que d’une réelle réflexion autour des usages que l’on pourrait en faire d’une automobile, rouler d’abord, admirer ensuite.

Les anglais ayant toujours été plus réputés pour leur services marketing que pour leurs hordes d’ingénieurs, la MG B est à la voiture ce que Lipton est au thé. Basique, neutre pour plaire aux masses, le soin appliqué à son packaging lui garantit un franc succès commercial.

Il faut un peu plus d’audace, voire d’inconscience, pour s’intéresser à des berlines conçues par une armée de comptables en costume gris dépourvus de nuance. Pire, ces franc-comtois avaient le goût incongru de collaborer de façon régulière avec l’un des meilleurs faiseurs italiens, Pininfarina, pour élaborer des coupés et cabriolets dérivés de leur conservatrices et infatigables berlines. N’en attendez pas pour autant une once d’extravagance ou un soupçon de fantaisie, la rigueur protestante des dessous se verra parer d’une ligne simple et de bon goût. Le défaut de cette opération reste que les industriels n’ont su exporter leur savoir-faire à leurs tailleurs, la qualité des aciers et leur assemblage ne résistant pas forcément bien aux affres du temps.

Les Peugeot 504 coupés et cabriolets se détachent peu à peu de leur image Nestor Burma de Prisunic, pour incarner une alternative confortable et spacieuse à la petite et rustique MG.

Nos concurrentes du jour ont du affronter la fin des années 70 et remplacer leurs pare-chocs inox par des versions plastiques afin de rester dans l’air du temps. La Peugeot y trouvera une nouvelle ligne, un second souffle et s’inscrira sans véritable heurt dans la décennie suivante, exercice dans lequel la MG échouera misérablement. N’y cherchez aucune trace d’un soi-disant génie français, la Peugeot n’ayant pas été exportée aux Etats-Unis, elle n’eut simplement pas à satisfaire les drastiques réglementations qui ont défiguré la MG.

 

    Pour en savoir plus / Wikipedia Digest    

MG B (et dérivées) – 1962-1980 

 

Exercice laborieux mais indispensable, on vous dira que la B possède 4 cylindres 1800cm3 et est un roadster, la B GT en étant la version coupé.

La C possède 6 cylindres 3000cm3, et la syndicaliste C GT est donc un coupé.

Exception qui confirme la règle pour la motorisation V8 3500cm3, où seule la déclinaison fermée fut officiellement produite par l’usine (l’anecdotique version ouverte s’appelant RV8 et fut produite entre 1993 et 1995 lors du revival de la marque MG). Dans ces deux cas, vous devrez faire avec une conduite à gauche.

Les GT sont des 2+2, la convention de Genève n’interdisant pas explicitement le transport d’enfants à l’arrière.

Boîte 4 plus overdrive en option, accessoire quasi-indispensable au vu du réseau routier actuel.

A partir de 1974, l’inox des butoirs laisse sa place l’immonde plastique que les plus snobs n’hésitent pas à promouvoir au rang d’icône pop. Dans la vraie vie, c’est une excellente alternative cheap & dirty, parfaite pour remplacer votre Smart (en plastique aussi) en daily jusqu’à ce qu’elle finisse sa vie à la casse.

Production : 500.000 exemplaires. L’offre est pléthorique tant en quantité qu’en qualité, et corollaire positif, l’ensemble des pièces détachées est disponible en neuf de façon abordable, et trouver une officine connaissant cette rustique mécanique ne devrait pas poser problème.

Last but not least, ne vous laissez pas aller à la pensée unique, une anglaise n’est pas forcément posée sur des roues fils, laissez vous tentez par les roues tôles.

Good taste : B battleship grey ou GT tangerine orange, steelies.
Bad trip : B rouge sur roues fils avec la véronique

 

Peugeot 504 Pininfarina – 1969-1983

 

Là encore, vous n’y couperez pas à une énumération des placides versions 4 cylindres 1800 et 2000cm3, ou 6 cylindres 2700cm3, et nous vous épargnons pour le moment les versions à carburateurs ou à injection.

Les premières versions sont les plus pures d’un point de vue style, les toutes dernières plus modernes méritent également qu’on s’y intéresse.

Ne nous voilons pas la face, les Peugeot sont plus lourdes et moins agiles que leurs adversaires anglaises du jour. Elles se veulent beaucoup plus spacieuses et confortables, le charme de la bourgeoisie discrète en somme.

Fiables et relativement simple d’un point de vue mécanique, l’injection apportant performances et quelques potentiels soucis supplémentaires, la tâche se complique un peu au niveau carrosserie où l’absence de certaines pièces vous obligera à trouver le faiseur sur mesure.

La touche de génie français bien présente pour les exemplaires équipés des fameux pneus en système métrique de Michelin, la touche de sportivité et de modernité des TRX se paiera au prix fort lors du changement des quatres enveloppes.

Au final, elle sera une maîtresse plus exigeante, mais elle devrait bien vous le rendre si elle suit l’exemple de celles qu’elle a remplacée, les 404 coupés et cabriolets.

Good taste : Cabriolet 2L inox blanc et jantes Dunlop, coupé V6 plastique bronze et jantes TRX
Bad trip : coupé inox rouge 4 cylindres.

 

Arnaud Bulteau